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Quelles priorités pour l’Agence Française pour la Biodiversité ?

10 février 2017

Un an après le lancement des premiers travaux parlementaires pour l’examen et le vote de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, s’est tenu le 19 janvier dernier le premier conseil d’administration de l’Agence française pour la biodiversité, mesure phare de la loi, annoncée dès 2012 par le gouvernement à l’occasion de sa première Conférence Environnementale.

Ce premier conseil d’administration s’est déroulé en présence de Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, de Barbara Pompili, Secrétaire d’Etat en charge de la biodiversité et de Hubert Reeves, son Président d’honneur.

Revenons sur deux sujets à l’ordre du jour de cette première réunion, à savoir la validation de la feuille de route de l’Agence et l’élection de sa Présidence.
Les 43 membres du CA de l’Agence ont en effet élu son Président, Philipe Martin, par ailleurs Président du conseil départemental du Gers, ainsi que deux vice-présidents, Françoise Gaill, coordinatrice de la Plateforme océan et climat, et Ferdy Louisy, président du Parc national de la Guadeloupe. Sur ce premier sujet, notons que ce choix nous semble quelque peu étonnant, connaissant les prises de position régulières de Monsieur Martin pour un soutien à la filière du foie gras, à la corrida ou encore à des mesures pro-chasse… En revanche, précisons que Monsieur Martin a toujours soutenu la clause de sauvegarde visant à suspendre l’utilisation de maïs transgénique (Monsanto 810) en particulier lorsqu’il siégeait au sein de la Haute Autorité sur les OGM. Gageons qu’il saura mettre à présent son énergie sur les combats prioritaires à mener au sein de l’Agence.

Pour ce qui concerne la feuille de route 2017 de l’Agence, ses cinq priorités sont confirmées, à savoir le développement des sciences participatives, la mise en œuvre d’un plan d’action en faveur des pollinisateurs, la biodiversité marine, la lutte contre la pollution de l'eau dans les zones de captage et l'application de l'Accord de Paris sur le climat.

Notons cependant que ce plan d’actions prioritaires du programme de l’Agence ne sera adopté définitivement par le conseil d'administration que lors de sa prochaine réunion prévue mi-février.
Cela étant, nous saluons le soutien annoncé par la Ministre au portail « 65 millions d’Observateurs » développé par le Muséum national d’Histoire Naturelle et dont fait partie Noé depuis sa conception. Cela représente une opportunité de déploiement de nos « Observatoires de la biodiversité » dans les régions, mais également une opportunité de valorisation du rôle majeur que ces observatoires jouent en termes éducatif et scientifique. En effet, les « Observatoires de la biodiversité » de Noé ont vocation à induire auprès des participants une prise de conscience vis-à-vis de la biodiversité ordinaire et à susciter l’envie d’agir pour la préserver. Par ailleurs, les données collectées grâce aux « Observatoires de la biodiversité » de Noé contribuent à des avancées scientifiques significatives sur la biodiversité, tant dans le domaine de la recherche en biologie/écologie que dans l’amélioration des connaissances sur les espèces et les milieux.

Nous saluons également l’annonce du lancement du plan d’actions en faveur des pollinisateurs « France, Terre de pollinisateurs » avec notamment la diffusion d’un guide « Zéro pesticides » et de la campagne « Terre saine » portée par le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer. Noé est partie prenante du plan ECOPHYTO et nous nous réjouissons donc de ces actions phares qui viendront dès ce début d’année rappeler l’urgence à mettre en œuvre des actions de préservation des pollinisateurs sauvages et de leur habitat. Cela passe notamment par la promotion d’alternatives aux pesticides, campagne que nous lancerons ce premier trimestre avec notre partenaire Leroy Merlin.

Noé soutient donc le volontarisme affiché de Ségolène Royal pour des actions efficaces immédiates en faveur de la biodiversité, reste à vérifier que les moyens, notamment financiers, suivront.