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Etats Généraux de l’alimentation : vers un engagement des filières pour une alimentation durable ?

20 juillet 2017

Aujourd'hui s'ouvrent les États Généraux de l’alimentation, grande concertation entre organisations publiques, privées et de la société civile à laquelle s’était engagée notre nouveau Président de la République durant sa campagne. L’objet de cette concertation : l’alimentation. Parce que notre modèle agricole, censé nous fournir une nourriture saine et durable, doit être transformé en raison de toutes les limites, économiques, sociales, environnementales, qu’il rencontre. Et pour cela, tous les acteurs des filières doivent s’y mettre.

L’objet de préoccupation majeure est aujourd’hui le partage totalement déséquilibré de la valeur ajoutée des productions alimentaires et la viabilité des exploitations. Trop peu d’agriculteurs peuvent aujourd’hui peuvent se verser un revenu décent et survivre sans les subventions publiques. Les changements nécessaires dans les relations commerciales entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs seront donc au cœur des discussions entre tous ces géants qui tiennent les rênes de notre modèle actuel.

Il s’agit là d’un élément indispensable à la durabilité de notre système alimentaire. Et il ne peut être déconnecté de la dimension environnementale portée par des attentes grandissantes des consommateurs. Ministère de l’Agriculture et de la Transition Agroécologique (qui pilote cette concertation) et le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire s’accordent sur ce double objectif. Par ailleurs,  associations de consommateurs et associations environnementales aient finalement été invitées à participer. Ce sont des raisons d’espérer que la transition agroécologique continue d'avancer, voire puisse s’accélérer grâce à l’engagement de tous les acteurs des filières.

Ces Etats Généraux de l’alimentation s’organiseront autour de deux sujets :

  • Jusqu’à fin septembre, ce sera problématique des prix et des relations commerciales qui sera traitée, avec des ateliers pour l’instant réservés uniquement aux syndicats agricoles, industriels, coopératives et distributeurs.
  • Puis de la rentrée de septembre à fin octobre, qualité de l’alimentation et réponses aux nouvelles exigences des consommateurs en matière de santé et d’environnement seront abordées via une consultation publique et des ateliers ouverts cette fois aux associations et ONGs.

Noé en est convaincue que ces deux sujets ne peuvent être dissociés. Les travaux de notre Programme " Prairies de Noé " avec des acteurs accompagnant la transition agroécologique et des industriels engagés nous le confirment. En voici un exemple concret : le besoin de diversifier les cultures avec des légumineuses notamment (ces plantes qui produisent les légumes secs tels que les lentilles et les fèves), pour réduire la dépendance aux intrants de synthèse, impose de créer de nouveaux débouchés pour que les agriculteurs puissent les valoriser. Nouveaux produits, nouveaux process de transformation, nouveaux contrats commerciaux sont bien des leviers indispensables. Deuxième exemple, le prix de vente des produits et in fine la rémunération de l’agriculteur dépendent de la réponse aux attentes des consommateurs et de la garantie de leur qualité environnementale, sanitaire et nutritionnelle.

Durant les Etats Généraux de l’alimentation, Noé s’efforcera donc de porter haut son positionnement pour une agriculture plus respectueuse des hommes des écosystèmes, tant auprès du grand public, qu’auprès des institutionnels ou entreprises de l'agroalimentaires. Ces dernières doivent toutes devenir moteurs, par le dialogue et la coopération, de la transition de leurs filières d’approvisionnement !