UNe espèce sous-inventoriée

Chronique de la nuit #4 – La feuille morte du chêne

Bien que le nom vernaculaire de ce papillon prête à confusion puisqu’il ne ressemble pas vraiment à une feuille de chêne, on doit bien lui reconnaitre que sa ressemblance frappante avec une feuille morte lui confère un titre de champion de mimétisme. Pourtant, son stade de vie adulte se déroule en plein été, lorsque les feuilles sont encore vertes ! 
© Jordi Bas Casas / Photoshot / Biosphoto
06 août 2021
Elle appartient au groupe des Bombyx et à la famille des Lasiocampidae, comme 28 autres espèces en France. 


Son nom latin, Gastropacha quercifolia lui vient probablement du fait que sa chenille est systématiquement vue très collée aux troncs des arbres. Elle a d’ailleurs un ventre un peu aplati et se confond très facilement avec l’écorce. 



Les spécimens femelles, plus grandes, peuvent atteindre 9 cm, mais la moyenne se situe plutôt autour de 5 cm chez les mâles. 

Les œufs pondus en petit amas sur des branches ou des feuilles à la fin de l’été, éclosent à l’automne et ne mesurent alors que quelques millimètres. Elles vont vite grandir en se nourrissant de poirier sauvage, d'églantier, de nerprun, d’épine-noire ou d'épine-vinette, de saule ou d’arbres fruitiers comme le prunelier… 

Elles passeront ensuite la période froide tapies, à l’abri dans les feuilles mortes, au pied des arbres. A la fin du printemps, elles auront atteint leur taille finale, jusqu’à 10-12cm. Elles sont alors gris/brun avec des de longs poils en touffes et des petites soies sur le reste du corps. Elles ne passeront que trois ou quatre semaines dans leur chrysalide, une sorte de gros cocon gris/blanc ouvert, entretissé avec leurs soies, et donneront naissance dès le mois de juin aux adultes. Dans les régions les plus chaudes du sud, il est possible d’avoir 2 générations annuelles. 


Si vous avez la chance d’en croiser de jour, vous les verrez toujours posés les ailes repliées, immobiles, le nez au vent. Présente partout en France et jusqu’en Asie, cette espèce est très sûrement sous-inventoriée, comme beaucoup d’autres papillons, diurnes ou nocturnes. 

Nous avons réussi à en photographier un individu en juillet grâce à notre dispositif Lépinoc sur notre site à Courances (91), dans le Parc Naturel Régional du Gâtinais. 


Photo prise par le dispositf Lépinoc, posé par Julie Maratrat dans le PNR du Gâtinais dans la nuit du 30 juillet au 1er août 2021. Feuille morte du Chêne avec au-dessus un Peribatodes rhomboidaria et tout à droite, un autre geometridae, possiblement Pungeleria capreolaria (difficilement identifiable sur la photo)




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