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Réapparition d’une souris disparue !

15 octobre 2020

A la recherche d’une souris disparue :

Du fait de sa taille, ses petites oreilles, son pelage et sa queue, l’animal a l’apparence d’une souris classique. Pourtant un élément très caractéristique le place dans la famille des Macroscelididae : sa trompe effilée pointant légèrement vers le sol. Celle-ci lui permet de se nourrir de petits insectes et notamment de partir à la recherche des fourmis tel un tapir miniature !

Son apparence évoque celle des musaraignes, bien qu’il ne soit pas biologiquement son cousin. Il est donc souvent appelé musaraigne à trompe ou plus justement souris à trompe ou souris-éléphant pour la forme de ses oreilles. Doté d’un pelage brun et des yeux cerclés de blanc, ces petits mammifères peuvent courir jusqu’à 30km/h pour attraper leurs proies et s’abritent sous la végétation afin d’éviter les oiseaux prédateurs.

Le nom latin du sengi à face grise répertorié en Tanzanie étant Rhynchocyon udzungwensis.

Celui qui nous intéresse ici est la variété somalienne (Elephantulus revoilii) qui avait disparu depuis presque 50 ans !

De 1891 jusqu’à la fin des années 70, des expéditions scientifiques avaient collecté quelques dizaines de spécimens de cette espèce. Puis cette dernière a disparu des radars des observateurs scientifiques.

Le mammifère figurait même à la 5ème place sur la liste des « 25 espèces perdues les plus recherchées » de l’ONG Global Wildlife Conservation[1].

Puis en 2019, l’espèce endémique de la Somalie aurait été repérée dans le pays voisin, à Djibouti. Des scientifiques sont donc partis à sa recherche dans les zones rocailleuses de la corne de l’Afrique.

Redécouverte et protection de l’espèce :

C’est donc au début de l’année 2019 qu’une équipe de chercheurs dont Galen Rathburn, spécialiste mondial de la souris à trompe, a mis en place près de 1250 pièges dispersés dans 12 lieux de Djibouti.

Les pièges olfactifs étant créés à partir d’un mélange à base de beurre de cacahuète, d’avoine et de levure ont permis d’attraper 12 spécimens afin de les étudier et de confirmer la nature de l’espèce tant recherché.

Si la nouvelle a ému les chercheurs, ceux-ci sont pour l’instant incapables de recenser la population de ces sengi et prévoient donc de futures expéditions.

Ils considèrent que l’espèce n’est plus en danger au vu de l’habitat dans lequel elle a été amenée à évoluer et migrer. En effet, les preuves s’accumulent sur l’existence de l’espèce au niveau des zones frontalières des trois pays que sont la Somalie, l’Ethiopie et Djibouti. Les activités humaines dans ces régions ne mettraient pas l’espèce en péril précise Steven Heritage, l’un des chercheurs.

L’étude recommande ainsi à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) de classer l’espèce dans la catégorie « préoccupation mineure » de sa liste rouge[2].

Sources :

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/08/18/disparue-depuis-50-ans-d-apres-les-scientifiques-la-musaraigne-a-trompe-de-somalie-a-ete-redecouverte_6049252_3212.html

https://www.20minutes.fr/planete/2842503-20200819-musaraigne-elephant-somalie-disparue-depuis-cinquante-ans-refait-surface

https://today.duke.edu/2020/08/lost-species-african-mammal-rediscovered-duke-researcher

CITATION: “New Records of a Lost Species and a Geographic Range Expansion for Sengis in the Horn of Africa” Steven Heritage, Houssein Rayaleh, Djama Awaleh and Galen Rathbun. PeerJ, Aug. 18, 2020. DOI: 10.7717/peerj.9652

[1] Search for Lost Species

[2] https://www.iucnredlist.org/