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Le référendum pour les animaux

05 novembre 2020

Ce référendum a été lancé le 2 juillet par le journaliste Hugo Clément et la navigatrice Marie Tabarly, avec le soutien de Xavier Niel, Marc Simoncini et Jacques-Antoine Granjon, trois grands patrons français. Son but est de faire avancer concrètement la défense de la cause animale.

La politique environnementale est une priorité mondiale. Les interactions des activités de l’Homme avec les différents milieux naturels qui constituent son environnement immédiat sont multiples et malheureusement, trop souvent destructrices. Les animaux sont exposés aux aléas climatiques qui ont pour origine directe l’action de l’Homme. La pandémie de Covid-19 a montré que l’humain doit repenser son rapport à l’environnement. La protection de l’environnement implique une responsabilité de l’Homme vis-à-vis de celui-ci et notamment en ce qui concerne les espèces animales.

Cette initiative est ce que l’on appelle un RIP (Référendum d’initiative partagée). C’est un outil qui permet aux citoyennes et aux citoyens, s’ils sont suffisamment nombreux et soutenus par des parlementaires, de soumettre une proposition de loi au référendum.

Pour cela, elle nécessite le soutien de 185 parlementaires (députés ou sénateurs) puis de 10% des personnes inscrites sur les listes électorales, soit 4 700 000 signatures.

Une fois les parlementaires réunis, le Conseil constitutionnel dispose d’un délai d’un mois pour examiner le texte et s’assurer qu’il est conforme à la Constitution. Si la proposition de loi est validée par le Conseil constitutionnel, le ministère de l’Intérieur ouvre le recueil des soutiens. Ils disposent alors de neuf mois pour recueillir les signatures nécessaires.

Six mesures pour le bien-être animal

Cette initiative propose 6 mesures pour améliorer les conditions de vie des animaux.

Deux de ces mesures sont l’interdiction de l’élevage en cage et l’interdiction de l’élevage intensif.

En France, aujourd’hui, 80% des animaux sont élevés de cette manière[1], en ne leur laissant aucun accès à l’extérieur et en leur infligeant beaucoup de souffrances.

33 millions de poules pondeuses sont enfermées dans des cages. Elles restent pendant 1 an dans un espace d’un mètre carré qu'elles se partagent entre 17 poules, elles ne peuvent pas bouger leurs ailes et ne voient pas la lumière du jour, vivant sous un éclairage artificiel.

87% des français souhaitent la fin des cages.[2]

Une autre demande est l’interdiction des élevages en fourrure.

Il reste seulement 4 élevages de visons en France, et dans ces derniers, des visons continuent d’être élevés en cage dans des conditions abominables.

Ils sont isolés pour ne pas abîmer la fourrure du voisin, sont enfermés plusieurs mois avant d’être abattus, pour que leur fourrure puisse être utilisée.

91% des français s’opposent aujourd’hui au commerce de la fourrure [3]. Mais notre pays reste en retard par rapport à ses voisins européens : l’Allemagne, la Hollande, la Belgique ou encore l’Autriche ont déjà interdit l’élevage de fourrure au sein de leur territoire depuis plusieurs années.

Le référendum demande aussi l’interdiction de la chasse à courre, du déterrage et des chasses dites traditionnelles.

La chasse à courre, aussi appelée vènerie consiste à traquer un animal jusqu’à épuisement à l’aide d’une meute de chiens et de cavaliers à cheval. Cette pratique, issue de l’aristocratie est cruelle pour l’animal poursuivi, puisque la traque peut durer plusieurs heures provoquant un stress intense pour ce dernier. Cette pratique, déjà interdite au Royaume-Uni, existe uniquement pour l’amusement d’une partie minoritaire de la population.

L’interdiction des spectacles avec animaux sauvages est une autre requête.

Ces 40 dernières années, 60% des animaux sauvages ont disparu dans le monde.

Après avoir découvert plus d’informations sur l’intelligence et la sensibilité animale, et en observant l’effondrement de la biodiversité, cela devrait pousser les humains à mieux traiter les animaux captifs. Dans de nombreux cas, les animaux sont séparés de leur famille et emprisonnés à vie. Le dressage qui leur est infligé est souvent d’une grande violence, les animaux sont donc brisés et blessés psychologiquement.

Aujourd’hui, 72% des français souhaitent l’interdiction des animaux dans les cirques.[4]

Concernant les dephinariums, il en existe encore 3 en France. Ils sont inadaptés aux besoins des mammifères marins : habitués à parcourir de grandes distances, ils sont enfermés dans des bassins bien trop petits. Des études récentes montrent qu’ils ont conscience de leur captivité et que leur comportement naturel, comme le simple fait de nager, est impossible à reproduire dans cet environnement.

Enfin, la dernière mesure souhaitée est la fin de l’expérimentation animale.

Les animaux sont encore utilisés pour des études de biologie fondamentale, pour la recherche dans les domaines de médecine humaine, vétérinaire et de la dentisterie, pour la production de produits pour ces médecines, pour des essais toxicologiques, etc.

Ces tests sont effectués principalement sur des souris, des poissons, des rats, des lapins ou encore des chiens. Celle-ci concerne plus de 2 millions d’animaux[5].

La France est un très mauvais élève car elle se classe en première position des pays européens pour le nombre de chiens et primates expérimentés.

Dernières actualités

Une première avancée a eu lieu le 29 septembre dernier. La ministre de l’écologie Barbara Pompili a annoncé de nouvelles mesures en faveur du bien-être de la faune sauvage captive.

Elle a annoncé que la France allait cesser la présence d’animaux sauvages dans les cirques itinérants, la fin des élevages de visons à fourrure, que l’on n’ouvrirait pas de nouveaux delphinariums et que l’on cesserait la reproduction en captivité.

Cédric Villani a début octobre proposé à l’assemblée une loi pour le bien-être animal. Néanmoins, faute de temps, le texte n’a pas pu être entièrement examiné et débattu.

Suite à un long débat, la commission des affaires économiques a validé les dispositions sur l’interdiction des animaux sauvages dans les spectacles et celle de l’élevage de vison. La majorité a toutefois rejeté l’interdiction de certaines pratiques de chasse et la fin de l’élevage en cage.

Comment pouvez-vous soutenir le référendum ?

Tout d’abord, vous pouvez vous rendre sur le site du Référendum pour les animaux et cliquer sur « Je m’engage » en laissant vos coordonnées afin d’être tenu informé des suites de l’initiative.

Vous pouvez aussi contacter votre député et/ou sénateur afin de l’inciter à soutenir le référendum.

Une fois le recueil des soutiens mis en place, vous pourrez vous connecter sur le site créé par le Ministère de l’Intérieur pour apporter votre signature.

Enfin, vous pouvez maintenant, et pendant les prochains mois parler du référendum autour de vous et sur les réseaux sociaux pour inciter votre entourage à signer. Des groupes locaux seront mis en place près de chez vous pour faciliter la mobilisation.

 

[1] L214. (2020, 23 octobre). Dans l’enfer banal d’un élevage de cochons. https://www.l214.com/non-classe/elevage-cochons-barrais-bussolles/

[2] RIPAnimaux. (2020, 16 juin). En finir avec l’élevage intensif [Vidéo]. YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=-FWJE-5er9w

[3] 30 millions d’amis. (2020, 27 janvier). Baromètre 2020 : les 11 sources de souffrance animale que les Français veulent interdire. Fondation 30 Millions d’Amis. https://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/18335-barometre-2020-les-11-sources-de-souffrance-animale-que-les-francais-veulent-interdire/

[4] 30 millions d’amis. (2020, 27 janvier). Baromètre 2020 : les 11 sources de souffrance animale que les Français veulent interdire. Fondation 30 Millions d’Amis. https://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/18335-barometre-2020-les-11-sources-de-souffrance-animale-que-les-francais-veulent-interdire/

[5] Natura-Sciences. (2020, 29 septembre). Expérimentation animale : combien d’animaux tués en Europe?https://www.natura-sciences.com/. https://www.natura-sciences.com/environnement/experimentation-animale-europe745.html