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Journée internationale pour la conservation de l’écosystème de la mangrove

24 juillet 2020

Le 26 juillet prochain, nous célébrons la Journée internationale pour la conservation de l’écosystème de la mangrove. Adoptée en 2015 par la Conférence générale de l’UNESCO et célébrée chaque année depuis, cette journée vise à sensibiliser les populations à l’importance des écosystèmes de mangroves. Cet écosystème est unique, spécial et vulnérable et il est primordial de promouvoir des solutions pour leur gestion durable, leur conservation et leur utilisation.

Les mangroves, un écosystème d’une grande richesse !

La mangrove est un écosystème de zone marécageuses à proximité de la mer. Suite à l’accumulation de sédiments sur le littoral, un lieu vaseux et fertile se constitue et permet aux palétuviers de pousser. Ces arbres aux longues racines enchevêtrées et apparentes à marée basse constituent l’élément caractéristique des mangroves.

Présentes dans 123 pays et territoires, les mangroves ne représentent pourtant que 1 % de la superficie des forêts tropicales dans le monde et moins de 0,4% du domaine forestier mondial. Elles constituent un écosystème rare et prolifique qui se situe à la frontière entre terre et mer de nombreuses régions tropicales et subtropicales, dont elles occupent les trois-quarts des côtes et deltas. Elles couvrent une superficie d’environ 150000 km2 sur notre planète[1].

Les mangroves, essentielles contre le changement climatique

Au-delà de leur physionomie particulière et de leur croissance dans un milieu salin, les mangroves sont aussi des puits de captation du carbone exceptionnels.

Cet écosystème a donc un rôle fondamental de filtre, et est capable de capter des métaux lourds ainsi que des polluants pour ensuite restituer une eau dépourvue de pollution.

Chaque année, elles absorbent 13,5 Gt de CO2, soit 14 % de la séquestration océanique[2], leur potentiel de captation du CO2 serait donc 3 à 5 fois supérieur à celui des forêts[3].

Ainsi, un hectare de mangroves peut stocker 3754 tonnes de carbone, l’équivalent des émissions de carbone de 2650 voitures pendant un an[4].

Elles ont également l'avantage de stocker la majorité du carbone dans le sol plutôt que sous forme de matière sèche, ce qui permet un stockage du CO2 sur plusieurs siècles, voire plusieurs millénaires.

Refuge d’une riche biodiversité

Tant pour sa flore que pour sa faune, la mangrove abrite une très riche biodiversité. Ces écosystèmes soutiennent des communautés complexes, où des milliers d'espèces interagissent.

Elle constitue un lieu de reproduction et d’alevinage riche en nutriments pour de nombreuses espèces qui prospèrent dans et au-dessus de l’eau. Elle héberge ainsi des centaines d’espèces de poissons, de nombreux crustacés (crevettes, crabes, etc.) ou encore différentes espèces d’oiseaux dont certaines sont menacées ou vulnérables.

Cette biodiversité est essentielle au bon développement de la mangrove, et de la vie. Par exemple, en creusant des trous dans le sol, les crabes favorisent l’apparition d’autres micro-organismes qui vont décomposer des matières organiques et enrichir la terre en nutriments favorables à la croissance des palétuviers[5].

Du côté terrestre il s’agit d’une source de nourriture essentielle pour les singes, cerfs, oiseaux, et même les kangourous ; ainsi qu’une source de nectar pour les abeilles.

Une défense naturelle contre les catastrophes climatiques

La mangrove contribue au bien-être, à la sécurité alimentaire et à la protection des communautés côtières du monde entier.

C'est avant tout une barrière naturelle contre les tempêtes et l'élévation du niveau de la mer. En stockant la vase, elle ralentit également la houle et donc l’érosion naturelle[6]. Une bande de mangrove de 500 mètres réduit la hauteur des vagues de 50 à 99%[7].

Elle protège donc les communautés qui, vivant à proximité de la mer sont vulnérables à ces événement climatiques.

Un écosystème menacé

Ce merveilleux environnement est cependant menacé par l’activité humaine, qui petit à petit, le détruit.

Depuis le début des années 2000, plus de 35% des zones de mangroves ont disparu à l’échelle mondiale[8] et le rythme de disparition s'intensifie. Leur déforestation laisse place à des aquacultures, comme par exemple, en Asie, par des fermes industrielles de crevettes, des rizières ou encore des cultures d’huile de palme[9].

Dans d’autres pays, à cause de l’urbanisation des villes, les mangroves sont détruites et remplacées par des immeubles, des remblais, ou des routes entraînant de fortes conséquences écologiques mais aussi socio-économiques. D’autres facteurs qui menacent aujourd’hui les mangroves sont la pollution, l’élévation du niveau de la mer ou l’acidification des océans.

Un biome à préserver à tout prix

Les mangroves ne sont pas seulement des arbres, c’est tout un équilibre, tout un ensemble avec un sol, une faune, une flore et des conditions particulières.

Leur rôle pour la biodiversité et la planète est donc essentiel et la situation actuelle est préoccupante.

La dégradation des mangroves peut réduire leur capacité de stockage de CO2, voire les transformer en sources de carbone. De 2000 à 2012, plus de 300 millions de tonnes de CO2 auraient ainsi été rejetées dans l'atmosphère lors de leur déforestation[10].

Cette dernière représenterait jusqu’à 10% des émissions dues à la déforestation dans le monde, alors que les mangroves ne couvrent seulement 0,7% de la surface de la Terre[11].

Les mangroves contribuent donc à l’atténuation du changement climatique et les détruire serait un désastre en termes de pollution, mais aussi pour les communautés vivant à proximité de ces environnements.

Noé s’engage pour sensibiliser à l’importance de cet écosystème et pour le préserver ainsi que la biodiversité qui lui est associée. Ce soutien se traduit à travers ses actions d’appui au Parc National de Mohéli qui abrite 90% de la surface des mangroves des Comores et le Programme d’appui au Parc national d’Orango en Guinée Bissau dont la mangrove s’étend sur plus de 17000 hectares !

SOURCES:

[1]  World Wildlife Fund. 2006. WildFinder: Online database of species distributions, ver. Jan-06. www.worldwildlife.org/WildFinder

[2] Daniel M Alongi (2012) Carbon sequestration in mangrove forests, Carbon Management, 3:3, 313-322, DOI: 10.4155/cmt.12.20

[3] Donato, Daniel C., et al. “Mangroves among the Most Carbon-Rich Forests in the Tropics.” Nature Geoscience, vol. 4, no. 5, 3 Apr. 2011, pp. 293–297., doi:10.1038/ngeo1123.

[4] “Journée Internationale Pour La Conservation De L'écosystème De La Mangrove.” UNESCO, 8 Juin 2020, fr.unesco.org/commemorations/mangroveday.

[5] Michaud, Emma. “Une Biodiversité Utile à La Mangrove.” Espace Des Sciences, 2015, www.espace-sciences.org/sciences-ouest/329/actualite/une-biodiversite-utile-a-la-mangrove 

[6] Michaud, Emma. “Une Biodiversité Utile à La Mangrove.” Espace Des Sciences, 2015, www.espace-sciences.org/sciences-ouest/329/actualite/une-biodiversite-utile-a-la-mangrove

[7] “Journée Internationale Pour La Conservation De L'écosystème De La Mangrove.” UNESCO, 8 Juin 2020, fr.unesco.org/commemorations/mangroveday.

[8] Chauvin, Hortense. “La Protection Des Mangroves, Un Élément Clé De La Lutte Contre Le Dérèglement Climatique.” Actu Environnement, 2 Mars 2020, www.actu-environnement.com/ae/news/protection-mangrove-contre-dereglement-climatique-35071.php4.

[9] Richards, Daniel R., and Daniel A. Friess. “Rates and Drivers of Mangrove Deforestation in Southeast Asia, 2000–2012.” Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 113, no. 2, 2015, pp. 344–349., doi:10.1073/pnas.1510272113.

[10] Hamilton, Stuart E., and Daniel A. Friess. “Global Carbon Stocks and Potential Emissions Due to Mangrove Deforestation from 2000 to 2012.” Nature Climate Change, vol. 8, no. 3, Mar. 2018, pp. 240–244., doi:10.1038/s41558-018-0090-4.

[11] Donato, Daniel C., et al. “Mangroves among the Most Carbon-Rich Forests in the Tropics.” Nature Geoscience, vol. 4, no. 5, 3 Apr. 2011, pp. 293–297., doi:10.1038/ngeo1123.