La nuit, un monde fabuleux

La nuit, c’est le cosmos, une ambiance, des espèces que l’on ne voit pas toujours, des mythes, des rêves… C’est aussi un formidable monde vivant et actif, encore plus que ne l’est le jour. L’obscurité abrite en effet une vitalité remarquable et nombre d’espèces fourmillent dans le noir !

Repenser l’éclairage : une nécessité pour la ville et la biodiversité

Les atouts de la lumière artificielle : l’éclairage public répond à des besoins humains de différents ordres, permettant d’accompagner le citoyen au cours de ses activités la nuit. Qu’il renforce la sensation de sécurité, facilite les déplacements nocturnes ou permette de mettre en valeur notre patrimoine, il revêt une importance majeure dans les villes et est source de progrès.

La lumière naturelle a, quant à elle, un rôle fondamental pour le vivant : ses cycles journaliers ou saisonniers ont modelé les rythmes naturels chez l’ensemble des organismes vivants (y compris l’humain) et leurs horloges biologiques. Modifier ces cycles biologiques, par un ajout de lumière artificielle, n’est pas sans conséquence.

La lumière artificielle altère les rythmes biologiques de nombreux organismes. Chez certaines espèces elle agit comme une barrière physique infranchissable, qu’elle soit attractive comme pour certains insectes qui meurent d’épuisement à tourner autour des lampadaires, ou répulsive, comme pour le grand rhinolophe qui ne chasse que dans l’obscurité totale. Elle peut aussi désorienter totalement les espèces, c’est le cas notamment des oiseaux migrateurs qui se repèrent grâce au ciel étoilé et se retrouvent perdus au-dessus des halos lumineux émis par les villes. Elle peut influencer sur la communication entre individus, comme chez les amphibiens et affecte même la flore. Enfin, elle présente aussi des effets négatifs sanitaires chez l’Homme, notamment sur le sommeil et les cycles hormonaux.

Les impacts de l’éclairage sur la biodiversité ne se limitent pas à ceux liés aux émissions de lumière artificielle nocturne. Chacune des étapes du cycle de vie des matériels d’éclairage produits (processus de fabrication du matériel, consommation électrique, recyclage, etc.) utilise des matières premières, induit une artificialisation des sols, rejette des gaz à effet de serre et divers polluants. Ces différentes nuisances contribuent ainsi, à leur échelle, à dégrader le climat et l’équilibre des écosystèmes.

Noé a été l’une des premières associations à mobiliser ses partenaires et l’ensemble des acteurs avec le programme « Éclairage durable & Biodiversité » lancé en 2011. Son objectif est précis : sensibiliser les parties prenantes (collectivités, grand public, acteurs économiques, professionnels de l’éclairage…) à la fragilité de la biodiversité nocturne et les mobiliser pour limiter fortement l’impact des nuisances lumineuses sur la biodiversité. C’est le programme Nuits de Noé qui rassemble à présent les actions de l’association sur ce thème, grâce notamment à sa charte d'engagements.