© Lionel Astruc / Biosphoto

Sauver le moabi et le kevazingo, arbres à haute valeur sociale (Zone tridom)

Type de mission

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Le Moabi (Baillonella toxisperma) et le Kévazingo (Guibourtia Tessmanii) sont des essences sacrées et mythiques pour les communautés locales et les peuples autochtones qui l’utilisent à des fins médicinales et spirituelles. Mais ce sont aussi des essences très recherchées sur le marché international pour leur bois. L’exploitation illégale présente un véritable risque pour la survie de ces deux espèces.

Une intervention est nécessaire pour que le Moabi et le Kévazingo puissent continuer à exister dans les forêts tropicales humides du bassin du Congo. Il est nécessaire de lutter contre l’exploitation illégale de ces deux espèces, développer un statut de protection du Moabi, démontrer que l’exploitation de ses graines apporte une valeur ajoutée plus importante aux communautés locales que l’exploitation du bois, et enfin renforcer la société civile pour la protection de ces espèces mythiques.

Contexte et ambitions

Les forêts du bassin du Congo constituent le deuxième plus important massif de forêt tropicale qui demeure sur la planète. A la frontière du Cameroun, du Congo et du Gabon, la zone forestière du Tri-national Dja, Odzala et Minkébé (TRIDOM) couvre 178 000 km2 de forêts encore relativement intactes soit environ 10% de la surface des forêts du Bassin du Congo. 

Cet habitat abrite une biodiversité exceptionnelle, avec notamment 25 000 éléphants et plus de 40 000 gorilles et chimpanzés, mais aussi la plus forte concentration de grands Moabi et de Kévazingo.

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Depuis quelques décennies, le taux de déforestation augmente à un rythme alarmant dans cette zone. L'allocation de nouvelles concessions forestières et minières entraîne l'ouverture de routes et l'arrivée de nouvelles populations. Le braconnage et le trafic d'animaux se développe. 

Très controversée, l'exploitation du bois dans ces massifs de forêts primaires n'est le plus souvent pas durable (car concentrée sur un nombre limité d'essences) et ne procure pratiquement pas de retombées économiques aux populations locales en raison des règles de concession publique et de la corruption. 

L'exploitation des grands Moabi et du Kévazingo est à l'origine de nombreux conflits entre les exploitants et les communautés. L’arrivée des exploitants asiatiques, fort peu soucieux de durabilité, fait empirer la situation.

Activités et impacts

Au Cameroun


Le projet a pour ambition de démontrer l’importance sociale et écologique du Moabi ainsi que la plus-value économique de la filière du beurre de moabi afin d’obtenir une protection de cet arbre par des réglementations nationales, et si possible à moyen terme par la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). 

L’action visera également à changer d’échelle, en mettant l’accent sur les activités de plaidoyer pour faire reconnaitre auprès des instruments de politiques forestières, l’importance des Moabi pour les communautés.

Le projet permettra d’augmenter les revenus des populations bénéficiaires par la commercialisation du beurre de Moabi, de protéger l’espèce en plantant des arbres, de démontrer la menace qui pèse sur l’extinction du Moabi tout en sensibilisant les populations à la protection de cet arbre et de la forêt en général.

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Au Gabon


Les organisations de la société civile et les communautés locales qui ne cessent d’interpeller les autorités, contribueront à la protection du Kevazingo grâce à des outils qui leur sont propres. 

Le projet aura pour but de créer un réseau fonctionnel d’observateurs indépendants locaux (CLPA-OSC), de renforcer leurs capacités organisationnelles et opérationnelles et de les former à l’identification des infractions liées à l’exploitation illégale du bois sur la base d’un guide simplifié d’observation indépendante externe. Les infractions seront répertoriées et utilisées pour les campagnes de plaidoyer.

Nos outils et ressources


partenaires

  • FONDATION FRANKLINIA
    La conservation des espèces d’arbres menacées est l’objectif central des projets que la Fondation Franklinia soutient. 
    La fondation adopte une approche par espèces, sachant que la conservation des espèces permet la conservation des habitats et la protection des intérêts des populations qui en dépendent.

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