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Le ver de terre, champion des auxiliaires de culture

21 juillet 2017

Un auxiliaire de culture est une espèce qui rend, à l’agriculteur ou au jardinier, un ou plusieurs des 3 services suivants : la pollinisation, la régulation des ravageurs de culture ou la fertilisation des sols. Notre héros du jour ne pollinise pas. Il ne participe pas non plus à l’éradication des pucerons. Il fait un travail colossal mais discret, silencieux, juste sous nos pieds. Parce que nous ne le voyons pas, nous avons sous-estimé son rôle pendant de nombreuses années. Mais aujourd’hui il revient sur le devant de la scène et pour de nombreuses et bonnes raisons.

Le ver de terre fait partie de la famille des annélides, en référence aux anneaux qui se dessinent sur l’ensemble de son corps. On l’appelle aussi lombricien, ou lombric. Il faut savoir que les premiers vers de terre sont apparus il y a 680 millions d’années, à titre de comparaison les premiers dinosaures sont apparus il y a « seulement » 230 millions d’années. Or si cette petite bête a subsisté si longtemps c’est bien qu’elle a un rôle à jouer, et pas des moindres : le ver de terre participe à redonner leur fertilité aux sols à travers son cycle digestif. Il ingère les débris végétaux tombés au sol (la « litière »), digère cette matière organique, l’enfouit plus ou moins profondément et la restitue sous une forme assimilable par les végétaux. C’est un parfait recycleur !, ,2,3 tonnes d’azote en moyenne* transitent chaque année dans le tube digestif d’un ver de terre, or l’azote est un élément nutritif indispensable à la croissance des plantes. Il est d’ailleurs devenu aujourd’hui un indicateur reconnu de la fertilité des sols, utilisé notamment en agriculture.

En bonus, les petits agrégats, ou « turricules », constitués par leurs déjections sont très stables et contribuent à la rétention d’eau dans le sol.

Rien qu’en se déplaçant, le ver de terre participe aussi à maintenir un sol bien structuré grâce aux galeries qu’il creuse. On appelle cela la « bioturbation ». Ainsi l’eau peut s’infiltrer, ce qui limite le ruissellement en surface et l’érosion. L’aération est améliorée et les gaz et liquides circulent plus facilement jusqu’aux racines. Elles-mêmes ont plus de place pour se développer et donc augmenter la surface d’échanges avec le sol pour nourrir la plante.

Les vers de terre ne sont pas tous seuls à entretenir le sol. Ils coopèrent avec les nombreux microorganismes qui s’y développement. En effet, les déjections et le mucus qu’ils déposent sur les parois des galeries enrichissent le sol notamment en sucres qui stimulent l’activité des microorganismes. Ceux-ci complètent l’activité de recyclage de la matière organique et peuvent même pour certains contrôler des parasites et des maladies de plantes.

Encore quelques mots savants puisqu’on distingue 3 types de vers de terre :

  • les amérides : ce sont les plus grands, ils creusent des galeries verticales pouvant aller jusqu’à 6 mètres !
  • les endogés : ils creusent des galeries horizontales près de la surface .
  • les épigés : eux ne creusent pas de galeries, mais vivent à la surface dans la litière du sol qu’il dégrade.

On comprend donc bien les services essentiels que nous rendent les vers de terres dans les exploitations agricoles et les jardins. Pour les protéger et favoriser le développement, Noé défend des pratiques respectueuses de la vie du sol dans ses programmes « Prairies de Noé » et « Jardins de Noé ». Chacun à son échelle peut agir en perturbant le moins possible ce milieu de vie par des actions mécaniques (ex : labour), en le protégeant le plus possible avec des végétaux qui ne laissent jamais nu le sol, et en limitant l’usage des intrants de synthèse toxiques.

Et si vous souhaitez tester à petite échelle chez vous ce service de recyclage, quoi de mieux qu’un compost !