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Une reproduction tout en lumière

12 avril 2017

Malgré son nom, le lampyre ou ver luisant, Lampyris noctiluca, n'est pas un ver : c'est une espèce d’insecte coléoptère de la famille des Lampyridae. Cette erreur de langage est due au fait qu’on ne le voit généralement que de nuit, lorsqu’il brille. Mais attention, les étoiles que vous retrouvez les nuits d’été dans vos jardins sont les femelles du lampyre, qui, grâce à leur postérieur lumineux, attirent les mâles pour l’accouplement !

Il faut savoir que le Lampyre est un bon exemple en matière de dimorphisme sexuel : mâle et femelle ont des différences morphologiques remarquables, qui jouent un rôle majeur dans la perpétuation de l’espèce. Le mâle possède des ailes qui lui assurent une grande mobilité, ainsi que de gros yeux qui lui permettent de repérer la moindre lumière, et donc les femelles lumineuses. Ces dernières sont aptères : elles sont dépourvues d’ailes. Leurs possibilités de circulation sont donc beaucoup plus restreintes. C’est donc le mâle qui part à la recherche de la femelle, alors que cette dernière, pour se rendre visible depuis le sol, émet une puissante lumière.

L’ensemble de l’espèce possède cette faculté d’émettre de la lumière par la partie terminale de l’abdomen. Mais elle s’exprime de manière différente chez le mâle et la femelle : alors que seul le dernier segment est lumineux chez les larves et les mâles, la femelle, beaucoup plus lumineuse, émet aussi par la face ventrale des segments pénultième et antépénultième.

Perchée sur un brin d’herbe, elle dresse son abdomen de sorte que ses segments ventraux soient visibles depuis le ciel, et effectue des mouvements de rotation. Les signaux lumineux ainsi produits sont perçus de tous côtés. Les œufs des lampyres sont également faiblement bioluminescents.

Cette stratégie de reproduction, n’utilisant pas l’attraction par des phéromones mais par un signal visuel, doit de nos jours faire face à une véritable menace : les lumières artificielles. À la pollution lumineuse s’ajoutent les dommages causés par l’utilisation d’insecticides et de produits contre les escargots (aliment principal du Lampyre), ainsi que la disparition de leurs habitats : friches, haies, murets végétalisés… Supprimer l’éclairage permet de redonner aux nuits leurs mystères, mais aussi aux vers luisants de se reproduire et donc de ne pas disparaitre.

 

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