Retour aux actualités

Une nouvelle étape franchie pour la conservation du Sapin de Comboui

22 juin 2020

Le Sapin de Comboui (Callitris sulcata) ou « Nié » en langue Xârâguré, est un conifère endémique en danger d’extinction, arbre tabou et symbole de l’identité des tribus du District de Borendy (commune de Thio). En 2011, un important incendie a détruit près d’1/3 de la plus grande population de cette espèce rare, dans la Vallée de la Comboui, amenant de nombreux acteurs locaux à s’associer et à se mobiliser en faveur de la protection de cette espèce*.

Ainsi, en 2016, 3 pépinières communautaires ont été créées au sein des tribus de Port Bouquet, Saint Jean Baptiste et Petit Borendy, avec pour mission de produire des plants de Callitris sulcata ayant vocation à être réintroduits en milieu naturel afin de renforcer la population**.

Le 18 juin dernier, le projet a franchi une nouvelle étape pour la préservation du Sapin de Comboui. Après respectivement environ 7 ans et 3 ans passés en pépinière, 17 plants produits par l’Institut Agronomique néo-Calédonien (IAC) et 18 plants produits par la pépinière de Saint Jean Baptiste, ont été plantés dans la Vallée de la Comboui ! Une petite opération qui a tout de même mobilisé et rassemblé une trentaine d’habitants et enfants du District de Borendy.


Plantation de C. sulcata (2020) (c) E. Ducouret

De prochaines actions de plantation seront organisées au fur et à mesure de la croissance des 200 plantules de Nié supplémentaires qui sont actuellement au sein des pépinières. Le Nié requiert de la patience : c’est une espèce qui pousse très lentement, de quelques centimètres par an seulement. Les arbres adultes aux troncs tortueux que l’on peut admirer dans la Vallée de la Comboui sont ainsi vieux de plusieurs siècles… !

A noter qu’il s’agit de la deuxième plantation en milieu naturel de cette espèce rare et menacée. La première opération a eu lieu en avril 2018, et avait permis la mise en terre de 75 plants. Aujourd’hui, soit deux ans après la plantation, on mesure un taux de survie des plants de 96 % ! Un résultat extrêmement positif et encourageant pour cette espèce sensible, et motivant l’ensemble des partenaires à poursuivre les efforts pour protéger cette espèce.


Jeune plant de C. sulcata planté en 2018 (c) A. Gouzerh

Noé travaille d’ailleurs actuellement à l’élaboration d’un plan de restauration écologique de l’écosystème qui accueille ce conifère, dans la Vallée de la Comboui. En effet, bien que la zone sur laquelle ont été plantés les plants de C. sulcata en 2018 et 2020 présente une certaine résilience, le maquis y est très dégradé et pauvre en espèces : une dizaine contre près d’une centaine dans un maquis en bonne santé !

L’objectif est donc de réimplanter dans la zone tout un ensemble d’espèces locales, caractéristiques du maquis de cette vallée, afin de permettre la création d’un couvert végétal et participer à l’amélioration de l’état de conservation de la population de C. sulcata.
La définition des espèces à implanter, des zones prioritaires à réhabiliter, des aménagements ou travaux nécessaires à réaliser, ou encore, des densités de plantation, sera assurée par SIRAS Pacifique, entreprise pionnière de la restauration et de la revégétalisation sur zones dégradées sur le territoire, et également une référence en matière de production d'espèces végétales endémiques.

Par la suite, Noé accompagnera les 3 pépinières et le CGE de Borendy dans la mise en œuvre de ce plan de restauration.

 

* Depuis près de 10 ans, Noé mène ce projet en partenariat avec l’IAC, les collectivités locales, ainsi que les coutumiers et le Comité de Gestion Environnemental de Borendy (CGE).

Ce projet est mené dans le cadre du programme « Palmiers et Conifères de Nouvelle-Calédonie » de Noé, dont l’objectif est la sauvegarde des palmiers et conifères endémiques (50 % des 46 espèces de conifères et des 39 espèces de palmiers endémiques sont menacées de disparition selon les critères de la Liste Rouge de l’UICN), à travers la restauration de leurs milieux, la forêt humide et le maquis minier.
** Voir actualité du 21/03/2017.