Retour aux actualités

Une modernisation de l’éclairage public moins défavorable à l’environnement

04 janvier 2018

Le passage des lampes conventionnelles d’éclairage public en LED est un avantage économique notable pour les collectivités locales. Il permet en général une franche réduction de la facture énergétique, mais ne doit pas être pour autant un motif de sur-éclairement de nos rues et voiries.

La pollution lumineuse est un phénomène qui continue globalement de croître à travers le monde, pour des raisons d’électrification progressive des zones les plus en marge et surtout d’étalement urbain des grandes conurbations. On le sait, l’éclairage nocturne a des effets souvent délétères sur l’environnement. Les observateurs du ciel étoilé pâtissent de cet éclairage artificiel dirigé ou réfléchi vers l’atmosphère et les espèces animales vivant la nuit voient leurs cycles biologiques altérés, leurs déplacements modifiés et pour certaines un risque de mortalité accru, notamment en raison de l’attraction systématique exercée par la lumière.

Par exemple et concernant les papillons nocturnes, l’attraction par des sources lumineuses la nuit va considérablement fragiliser certaines populations (effet de « piège » autour des lampadaires). À ce titre et pour la première fois en 2017, une équipe européenne a montré que la pollution lumineuse perturbe les pollinisateurs nocturnes avec des conséquences négatives pour la reproduction des plantes. Les chercheurs ont observé une diminution de 62 % des visites de pollinisateurs nocturnes comme les papillons de nuit ou certains coléoptères, par rapport à des prairies sans pollution lumineuse. Nous savons pourtant que notre alimentation et la qualité de notre environnement dépendent directement du phénomène de pollinisation…

La grande révolution que subit aujourd’hui l’éclairage extérieur, le passage en LED, doit donc impérativement tenir compte des effets potentiels sur l’environnement.

Or, plusieurs études publiées ces derniers mois montrent que la tentation d’éclairer davantage et pour moins cher, en LED, se répand en Europe : des lampes peu chères, à longue durée de vie, adéquates pour remplacer les anciennes sources, et même à ajouter à l’existant !

Il importe pourtant de limiter absolument l’extension des zones éclairées en ville et à proximité, surtout si celles-ci côtoient des lieux riches en biodiversité. Les LED ont par ailleurs des caractéristiques lumineuses très spécifiques, et émettent en moyenne des émissions à longueurs d’ondes plus courtes que les anciennes sources (sodium, iodures, etc.), pour des niveaux lumineux parfois supérieurs. Ainsi et bien que pouvant paraître moins brillantes ou moins éclairantes, les sources LED ont tendance à augmenter la luminescence du ciel, notamment pendant les nuits noires, autrement dit à aggraver encore le phénomène de halo lumineux.

 En conclusion et comme le rappelle un scientifique allemand de l’Université de Berlin, Christopher Kyba : « il y a un bon potentiel pour une véritable révolution de l'éclairage permettant à la fois d'économiser de l'énergie et de réduire la pollution lumineuse mais seulement si on ne consacre pas les économies réalisées à créer encore plus de lumière ».

Par ses programmes « Nuits de Noé » et « Observatoire de la Biodiversité de la Nuit », Noé accompagne les collectivités locales dans une modernisation de l’éclairage public respectueuse de la biodiversité et propose à chaque citoyen une observation corrélée des insectes nocturnes et du ciel étoilé, pour apporter des indicateurs précieux quant à l’impact de la pollution lumineuse sur la nature. Vous pouvez à votre tour rejoindre la communauté d’observateurs et nous aider à limiter les lourdes conséquences des nuisances lumineuses sur l’environnement nocturne !