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Un stagiaire dans la forêt de Lifou pour percer les mystères du Nu Trehle !

26 juillet 2018

A Lifou, rares sont les habitants qui ne connaissent pas l’unique palmier endémique de l’île, fiers de cette espèce qui ne pousse nulle part ailleurs : le Palmier de Lifou (Cyphophoenix nucele) ou « Nu Trehle » en drehu, la langue locale.

Pourtant le Cyphophoenix nucele est particulièrement discret : seuls 207 palmiers adultes ont été recensés sur le terrain, isolés au cœur de la forêt humide sur un petit plateau calcaire à proximité de la tribu de Jozip. C’est la seule population naturelle connue à ce jour ! Pour ces raisons, cette espèce emblématique reste très vulnérable, et les connaissances actuelles sur sa biologie, son habitat ou les menaces qui pèsent sur elle, sont encore insuffisantes pour pouvoir prédire l’avenir du Nu Trehle.

Noé et les coutumiers de Jozip œuvrent donc depuis 2011 à la préservation du palmier et de son milieu. Et ce travail passe notamment par l’amélioration des connaissances : pourquoi le palmier n’existe qu’à cet endroit précis de Lifou ? Quels animaux mangent ses graines et les dispersent aux quatre coins de la forêt ? Le rat, espèce exotique envahissante, menace-t-il la survie du palmier ? La population a-t-elle tendance à croître ou plutôt à diminuer ?

Afin d’apporter des premières réponses à ces interrogations et tenter de percer les nombreux mystères du Palmier de Lifou, Noé accueille depuis quelques mois Lucas, jeune étudiant en gestion des espaces naturels, venu réaliser son stage de fin d’études. Ce stage, entièrement consacré à l’étude et à l’observation attentives du palmier, doit permettre d’évaluer la viabilité de la population à long terme et de proposer des mesures de conservation adéquates aux habitants et aux autorités !

Suite à une première phase de préparation des expériences en partenariat avec l’Institut Agronomique néo-Calédonien (IAC), Lucas a pris ses quartiers chez la famille Wéjiéme, à la tribu de Jozip et démarré son travail de terrain. Depuis quelques semaines, il a ainsi pu arpenter la forêt plus d’une dizaine de fois, baliser son chemin et identifier une trentaine de palmiers en fruits. La période de fructification bat en effet son plein pendant l’hiver austral (juillet-août) : c’est le moment propice pour observer les prédateurs et les disséminateurs des graines !

Pour le moment, ce sont de petits passereaux, tels que les Zostérops ou le Sucrier Cardinal, qui semblent le plus se délecter des fruits du Cyphophoenix nucele.

Les plus gros oiseaux comme le Notou, ou bien les Roussettes, ces grandes chauve-souris qui abondent dans ce coin préservé, sont suspectées de se nourrir aussi des fruits du palmier, mais cela reste à confirmer par Lucas qui prévoit pour bientôt des sessions d’observation à la tombée du jour.

En ce qui concerne les prédateurs, une mission conjointe avec l’IAC a permis de confirmer la présence de deux espèces de rats, le Rat noir et le Rat du Pacifique. Pour cela, pas moins de 100 pièges ont été disposés au sein du peuplement de palmiers. Les rongeurs sont la principale menace identifiée et l’impact de leur prédation sur les graines sera évalué lors d’une prochaine mission…

Pour suivre le travail de Lucas et vous plonger au cœur de la forêt de Lifou, rendez-vous sur la page Facebook de Noé Nouvelle-Calédonie !