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Soutien à la lutte anti-braconnage au Niger

11 décembre 2017

La faune sauvage au Niger est soumise à des pressions de braconnage et de trafic. Ainsi Noé dans le cadre de son projet au Niger soutient les autorités dans la lutte contre ces activités illégales impactant fortement la faune sauvage.

Le braconnage au Niger peut être distingué en plusieurs catégories. Il y a le braconnage fournissant les marchés en viande de brousse. Cette pratique a quasiment disparu de la Réserve Naturelle Nationale de Termit et Tin-Toumma (RNNTT), aire protégée ciblée par le projet de Noé au Niger. Le braconnage peut aussi être appelé opportuniste quand des groupes de personnes braconnent pour se nourrir lors d’un voyage. C’est l’un des braconnages les plus répandus dans la RNNTT, pratiqué par des groupes de personnes armées traversant le désert et la région. La dernière catégorie est le trafic d’animaux vivants. Celui-ci est florissant et s’est énormément développé ces dernières années. Il cible plusieurs espèces, aussi bien l’avifaune (vautours, outardes) que les gazelles dama. Ces dernières se retrouvent ensuite dans des jardins au Niger ou dans les pays environnants devenant des animaux d’apparat.

Régulièrement des saisies d’animaux vivants sont faites à la sortie de la RNNTT par les services de l’État. Noé soutient cette lutte contre ces trafics soit en fournissant des renseignements issus du terrain par le biais du réseau d’agents communautaires que Noé a créé, soit par un soutien logistique à l’organisation de missions sur le terrain de lutte anti-braconnage.

Ainsi, le 17 novembre dernier, nos agents communautaires ont informé les autorités et notre équipe qu’un groupe de braconniers sévissait dans la Réserve avec pas moins de 3 4x4 et une dizaine de motos. Apparemment des gazelles avaient déjà été capturées et ce groupe de braconnier était équipé pour rester encore longtemps sur le terrain. Avec l’aide de Noé, 2 missions de lutte anti-braconnage ont été organisées.

La première a permis l’arrestation de l’un des braconniers, la saisie d’un 4x4, de deux motos, de 17 bidons de carburant, ainsi que de 10 gazelles dorcas entassées dans des cages sur la plateforme du 4x4.

La seconde a permis la récolte de nombreux éléments d’informations permettant le lancement d’une enquête sur ce trafic.

Noé a pris l’engagement, et ce depuis février 2017, de réintroduire au sein de la RNNTT tout animal vivant braconné que les services de l’état auraient pu récupérer. Malheureusement, sur les 10 gazelles récupérées, une est morte à l’arrivée dans l’enclos que Noé avait construit à cette occasion. Le transfert de ces animaux a eu lieu 2 jours plus tard, le temps de mobiliser la logistique nécessaire, la société civile nigérienne, ainsi que les services vétérinaires.

Une autre gazelle n’a pas supporté le retour dans la RNNTT, malgré un trajet en deux temps pour permettre des soins vétérinaires, limiter le stress des animaux et les abreuver.

8 gazelles ont ainsi été réintroduites au sein de la Réserve. Elles étaient en parfait état de santé lorsqu’elles se sont éloignées et ont rejoint un groupe de gazelles qui étaient dans les environs au moment du relâché.

Cette action concrète témoigne de l’engagement de Noé et du Niger pour la préservation de la faune sauvage. Cela vient compléter le travail de conservation, de sensibilisation et de gestion de la Réserve que Noé mène depuis fin 2015 dans le cadre du Projet d’appui à la gestion durable d’aires protégées sahélo-sahariennes avec le soutien financier de l'Union Européenne.