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Noé soutient la Lutte Anti-Braconnage au Niger et au Tchad

25 mai 2018

La faune sauvage au Niger et au Tchad est soumise à de fortes pressions de braconnage et de trafic. Noé, à travers ses programmes de terrain lutte au quotidien avec les autorités et les populations locales contre ces activités illégales.

Le braconnage peut prendre diverses formes :

  • le braconnage opportuniste, en augmentation et lié à la circulation de trafiquants divers allant ou revenant de Lybie ;
  • le braconnage pour le trafic d’animaux vivants (gazelles, outardes, vautours) ou morts (éléphants) ;
  • les marchés de viande de brousse (qui ne sont pas les plus répandus en zone sahélo-saharienne) ;
  • et les conflits humains – faune sauvage pouvant mener à l’empoisonnement, l’abattage et la chasse de ces animaux.

Face à ce constat, Noé travaille à la mise en œuvre urgente de recommandations dont les principales sont :

  • Développer des mécanismes de gestion durable et efficace dans les zones à fort enjeu de conservation améliorant l’application de la loi et la disponibilité de ressources humaines et logistiques dédiées à la gestion de ces espaces ;
  • Impliquer les communautés à travers des mécanismes de conservation et de gestion communautaire dans le cadre d’un soutien au développement socio-économique des zones concernées ;
  • Renforcer le suivi judiciaire et la criminalisation du braconnage afin d’accroitre les risques judiciaires du braconnage, pas assez dissuasifs actuellement au regard des gains de ce dernier.

Ces recommandations ne seront cependant viables qu’à la condition d’une volonté forte des Etats et des bailleurs de fonds de la conservation de la biodiversité de s’engager sur le long terme.

Noé met d’ores et déjà en œuvre ces recommandations en développant un modèle de gestion déléguée des aires protégées en Afrique francophone qui pourrait être déployé prochainement au Niger pour préserver la Réserve Naturelle Nationale de Termit et Tin-Toumma en partenariat avec l’Etat du Niger, très impliqué sur ce projet, et avec le soutien des communautés riveraines de la Réserve.

L’implication des communautés locales est menée systématiquement par Noé au Niger et au Tchad. Elle est même indispensable dans les zones à fort enjeu de conservation qui ne sont pas des aires protégées.

Noé a développé des mécanismes de gestion communautaire favorisant la conservation de la biodiversité mais a aussi impliqué les communautés dans la Lutte Anti-Braconnage. Les communautés nomades et les agents communautaires patrouillent ainsi régulièrement avec pour rôle d’enlever et de détruire les pièges qu’ils pourraient trouver mais aussi d’informer de tout acte de braconnage et de trafic.

Les sanctions pénales restent pourtant faibles. Elles ne prennent pas en compte les enjeux de conservation des espèces braconnées et il n’existe aucun suivi judiciaire permettant de s’assurer de l’application des peines. Le dernier braconnier arrêté au Niger suite à une mission de Lutte Anti-Braconnage organisée sur des renseignements transmis par des agents communautaires en est un parfait exemple. Il avait capturé cinq gazelles dorcas vivantes, se revendant chacune 200 000 F CFA. Il a été condamné à une amende de 450 000 F CFA et à quatre mois de prison. Aucune information n’a été transmise quant à l’application des peines et le ou les commanditaires ne seront certainement pas menacés par une enquête judiciaire.

Le renforcement du suivi judiciaire est de ce fait une priorité et doit être mené conjointement au renforcement de la Lutte Anti-Braconnage.

Ainsi, Noé soutient les actions de Lutte Anti-Braconnage des Etats du Niger et du Tchad à travers le projet d’appui à la gestion durable d’aires protégées sahélo-sahariennes. Des missions ont été financées, soutenues logistiquement. Des réseaux d’information ont été créés. Les agents de l’Etat ont été équipés et formés. Mais cela reste insuffisant au regard des enjeux.