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Retours sur les Assises nationales des pollinisateurs en ville de Besançon

06 juillet 2018

Durant trois jours, du 28 au 30 juin 2018, se sont tenues à Besançon les premières Assises nationales des insectes pollinisateurs en ville. Une initiative portée par la ville de Besançon, engagée depuis plusieurs années dans une démarche de gestion différenciée de ses espaces verts. L’objectif était de permettre aux participants de mieux connaitre ces insectes, leurs liens avec les plantes et la pollinisation dans le but d’orienter les politiques de gestion des espaces verts urbains.

Les assises se sont déroulées en présence de Anne Vignot élue bisontine écologiste en charge de l’écologie.

Lors de la première journée, scientifiques et entomologistes ont permis aux participants de mieux connaître les pollinisateurs sauvages dans toute leur diversité. Ils ont notamment présenté le lien étroit que ces insectes entretiennent avec les plantes et les services écosystémiques qu’ils nous rendent notamment la pollinisation et la lutte contre les ravageurs des cultures.

Une partie des interventions de l’après-midi ont été consacrées à l’abeille domestique. Il faut savoir que parmi les 900 abeilles présentes en France, l’abeille à miel ne correspond qu’à une espèce d’abeille. Très généraliste, elle permet la pollinisation des cultures cependant elle n’est pas la plus efficace, l’association avec des abeilles sauvages maximise les productions et leur qualité. La notion de concurrence entre l’abeille à miel et les autres espèces a également été abordée. Cette concurrence peut se faire sentir en cas d’insuffisance de ressources alimentaire (c’est à dire quand il y a moins de fleurs disponibles), ce qui peut être le cas en milieu urbain dense.

« Les pollinisateurs sont un maillon important en particulier dans la chaîne alimentaire. Ils participent à la production de nos fruits, de nos légumes… . Ils participent à toute cette biologie qui doit être foisonnante pour pouvoir renouveler le produit que la terre nous donne pour nous alimenter » explique Anne Vignot, pourtant ces insectes sont fortement menacés. Les causes sont multifactorielles mais les scientifiques s’entendent pour dire que ce sont la disparition de la ressource florale et l’utilisation des pesticides les principales causes de ce déclin. D’autres menaces moins connues ont également été présentées, comme l’effet négatif de l’éclairage nocturne et du changement climatique sur certaines espèces de pollinisateurs.

Pourtant, pour favoriser ces insectes rien de plus simple, les intervenants sont unanimes : il suffit de « leur fournir le gite et le couvert ». Un lieu de reproduction (talus, cavités, sol à nu…) et un lieu d’alimentation riche en fleurs sauvages et indigènes permettent le retour des principaux pollinisateurs. Par conséquent, tout le monde a un rôle à jouer pour améliorer la gestion de son jardin, sa ville ou son champ.

La seconde journée fut consacrée à des témoignages de collectivités de France et de Belgique sur des pratiques de gestion des espaces verts et aux protocoles de suivi participatif destinés aux gestionnaires dont le Propage animé par Noé. Lyon, Dijon, Besançon, et la Wallonie ont présenté leurs travaux menés sur leur territoire : Zérophyto, gestion différenciée des espaces verts, implantation de ressources mellifères sauvages, suivi de la faune et de la flore, sensibilisation, sont autant de mesures positives qui sont mises en place en faveur des insectes pollinisateurs.

Même si les assises étaient destinées au milieu urbain, il a été mentionné plusieurs fois le rôle essentiel de l’agriculture. Car aujourd’hui les abeilles fuient la campagne pour les villes. Il faut restaurer nos campagnes et les rendre de nouveau accueillantes.

Enfin, la dernière journée fut consacrée à la sensibilisation du grand public sur la thématique. Pour plus d’information sur les études qui ont été présentées, le contenu des interventions sera mis en ligne prochainement sur le site de la ville de Besançon.