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Noé réagit à la campagne de communication des chasseurs, « premiers écologistes de France ? »

04 septembre 2018

Depuis le 27 août dernier, une campagne de communication de la Fédération Nationale des Chasseurs s’affiche dans les principales villes de France telles que Paris, Marseille, Lille, Lyon et Toulouse avec le slogan : « Les chasseurs : premiers écologistes de France ? »

Cette campagne de communication, que Noé qualifie de volontairement provocatrice, emprunte le vocabulaire des ONG de protection de l’environnement et place les chasseurs dans un rôle de protecteurs de la biodiversité. La campagne se décline en cinq affiches, un spot radio et une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Selon le président de la Fédération Nationale des Chasseurs, Willy Schraen, cette campagne a pour but de corriger l’image de la chasse, écornée par des critiques récurrentes sur la chasse à courre et le respect du bien-être animal. Ceux qu’il qualifie de détracteurs de la chasse, tels que les ONG de protection de l’environnement, diffuseraient depuis des années des contre-vérités sur la chasse véhiculant ainsi une image erronée. Willy Schraen n’hésitant pas à qualifier les chasseurs de « premiers écologistes de France ». Une affirmation outrancière pour une campagne excessive, sachant que la chasse a de nombreux impacts négatifs sur la biodiversité.

La chasse est pratiquée par 1,1 million de Français aujourd’hui. Ses adeptes sont d’ailleurs de moins en moins nombreux car on comptait 2,4 millions de chasseurs en France au milieu des années 70.

Si Noé ne conteste pas la dimension culturelle et sociale de la chasse en France, et certaines évolutions positives (gestion des ongulés et protection de certains milieux naturels par exemple), nous ne pouvons laisser les chasseurs affirmer être les premiers écologistes de France.

La chasse a en effet un certain nombre de conséquences négatives sur la biodiversité : pression trop importance sur certaines espèces sensibles (tourterelles des bois, oiseaux d’eau, tétras, etc.), piégeage indifférencié et régulation injustifiée des prédateurs, pollution des sols par le plomb, lâcher de gibier d’élevage, perturbation et dérangement des milieux naturels, etc..

Un des arguments le plus usité des chasseurs concerne d’ailleurs leur rôle qualifié d’« indispensable » à la régulation des espèces. Mais dans la réalité, ce sont quelque 20 millions d’animaux qui sont élevés chaque année en vue d’être relâchés pour la chasse. Il existe même un Syndicat national des producteurs de gibiers de chasse qui rassemble près de 1500 élevages produisant annuellement 14 millions de faisans, 5 millions de perdrix grises et rouges, 1 million de canards, 100000 lapins de garenne, 40000 lièvres, 10000 cerfs et 7000 daims ! Un tiers des animaux tués chaque année par la chasse serait ainsi des animaux d’élevage. L’argument de régulation est donc difficilement recevable dans ces conditions...

Quant à l’origine souvent exotique de ces espèces d’élevage (faisans et cailles originaires d’Asie par exemple), elle pose le problème de la pollution génétique des espèces locales. Enfin, s’ajoute à cela que ces animaux une fois relâchés sont des proies faciles, ils ont du mal à trouver leur nourriture et n’ont pas les mêmes réflexes de fuite. Ils attirent ainsi notamment la convoitise des renards qui du coup se trouvent classés comme « nuisibles ».

Il serait donc temps d’en finir avec un certain nombre d’arguments fallacieux concernant le rôle des chasseurs dans la gestion écologique des milieux. C’est la raison pour laquelle Noé s’associe aux positions sur la chasse en France de France Nature Environnement et de la Ligue pour la Protection des Oiseaux et à leurs demandes et attentes, pour faire évoluer le monde de la chasse vers un plus grand respect de la biodiversité.