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Noé mène l'enquête au Monténégro

07 septembre 2016

Le pélican frisé est l’espèce emblématique de notre projet dans les Balkans. Cette espèce, vulnérable, dont la population dépend des mesures de conservation mises en œuvre, nécessite énormément d’attention et d’actions à développer. Ainsi, chaque pélican retrouvé mort est une tristesse, mais aussi questionne, interroge et soulève de nombreuses de questions.

A Podgorica, capitale du Monténégro collée au Parc National du lac Skadar, Bjanka, notre chargée de mission, et nos partenaires monténégrins ont mené l’enquête. Un pélican en état de choc leur a été remis par des pêcheurs qui collaborent dans le cadre de notre projet. Il s’agissait d’un jeune adulte, avec plus de 2m50 d’envergure. Son corps était abîmé et il lui manquait une aile. Il est mort peu de temps après avoir été remis à Bjanka.

Dés lors des recherches ont été menées pour déterminer la cause de sa mort. Etait-ce du braconnage ? Un accident avec un filet dans lequel le pélican se serait débattu ? Une collision avec des câbles électriques ? L’homme est il responsable ? Un prédateur pourrait il ainsi tuer un oiseau aussi grand ? Ou toute autre cause ?

L’enjeu de la réponse était de déterminer si la colonie des pélicans frisés à Skadar était soumise à un danger, et si oui lequel. Il fut donc emmené aux services vétérinaires pour une autopsie et une radio du corps. Nous avons également solliciter un groupe d’experts des pélicans frisés pour nous aider à interpréter les blessures.

La réponse est venue de l’examen minutieux de la radio du corps, ainsi que de la corrélation de la date à laquelle le corps a été retrouvé et les conditions météorologiques.

La radio montre un arrachement de l’aile dû à un grand choc. Ensuite, Podogrica et ses environs ont été soumis à de violents orages estivaux pendant cette période avec des vents violents. La conclusion de cette enquête a donc été qu’une collision avec des câbles électriques était à l’origine de la mort de l’oiseau.

Ce genre d’accident peut être courant pour cette espèce. En effet, leur taille et leur envergure les rendent particulièrement vulnérable à ce genre de collisions.

Des solutions existent pour les éviter. Par exemple, en Grèce au Lac Prespa, où se trouve la plus grande colonie de pélicans frisés des Balkans, avec près de 3000 adultes, les câbles électriques ont été épaissis pour permettre aux pélicans de mieux les voir et ainsi de les inviter même lors de conditions météorologiques difficiles.

Nous pouvons être certains que Bjanka va continuer à enquêter sur la mort du moindre pélican pour déterminer si des aménagements sont nécessaires. C’est aussi l’enjeu de notre projet, influencer les politiques de gestion du parc national du Lac Skadar.