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Glyphosate

Loi Agriculture et Alimentation

31 mai 2018

Après une semaine de discussion à l’Assemblée Nationale, la loi Agriculture et Alimentation adoptée mercredi 30 mai, va de déception en déception. En particulier concernant le volet pesticide, les députés ont finalement rejeté l’inscription dans la loi de l’interdiction du glyphosate à horizon 2021, ouvrant ainsi la voie au maintien de son utilisation sous conditions.

Dans une société où le modèle agricole dominant est un facteur majeur d’érosion de la biodiversité, de dégradation de l’environnement et source de problème sanitaire, la loi issue des réflexions des Etats Généraux de l’Alimentation et des engagements d’Emmanuel Macron est loin d’être satisfaisante. Une année complète de discussion pour quoi ? Les députés ont examiné durant huit jours les mesures de la loi agricole dont celles sur les produits phytosanitaires. Les conclusions sur ce sujet sont décevantes avec notamment le rejet de l'interdiction du glyphosate sous trois ans. Le gouvernement souhaite pouvoir proposer des alternatives avant de prévoir son interdiction totale. Une façon d’éviter le vrai problème car des alternatives existent déjà et nous savons bien que de nouvelles alternatives ne seront développées seulement en cas d’interdiction du produit. 

Le rejet de plusieurs autres amendements autour de l’utilisation des produits phytosanitaires nous préoccupent également : l’autorisation de déroger à l’interdiction des épandages aériens, le retour sur la protection des riverains ou la création d'un fonds d'indemnisation pour les phytovictimes. 

Quelques « avancées » notables cependant ont été votées : la séparation des activités de vente de pesticides et de conseil technique sur leurs usages ; l’étiquetage alimentaire qui devra préciser désormais l’origine des produits, le nombre de traitements et la présence d’OGM ; l’autorisation de la commercialisation des semences paysannes par les jardiniers amateurs. Pour les autres thématiques comme le gaspillage alimentaire, le bien-être animal, le bio dans les cantines ou la publicité sur les aliments gras et sucrés, des mesures en demi-teintes ont été prises, faisant plus appel à la bonne volonté des entreprises de l’agroalimentaire qu’à des mesures réellement contraignantes. 

Malgré le manque de courage politique sur ces questions, Noé maintient son engagement contre l’utilisation des produits phytosanitaires et continue son travail avec les entreprises agroalimentaires afin de défendre et promouvoir un modèle de production basé sur l’agroécologie, respectueux des agriculteurs et de l’environnement, et producteur de biodiversité.