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L'ibis Chauve, l'un des oiseaux les plus menacés du monde

24 mai 2017

L’Ibis Chauve (Geronticus emerita) est l’un des oiseaux les plus menacés du monde avec une seule colonie sauvage dans le monde, localisée dans les environs d’Agadir, au sein du parc national de Souss-Massa. Noé collabore depuis moins d’un an à sa conservation, et a organisé avec le Groupe de Recherche pour la Protection des Oiseaux du Maroc (GREPOM) un atelier dédié à l’identification des mesures de conservation prioritaire de cette espèce emblématique.

Aujourd’hui, la taille de la population de l’ibis chauve vient d’atteindre, pour la première fois depuis le début de son déclin historique, un nouvel effectif record de 601 individus recensés au terme de la saison de nidification 2016 dans le Parc national de Souss-Massa.

Cependant, les enjeux de gestion et de conservation restent important et nécessitent une approche plus globale reposant sur des partenariats diversifiés. C’est dans cette perspective, et grâce au soutien du fonds dédié à la conservation de la biodiversité « Critical Ecosystem Partnership Fund » (CEPF), qui a sollicité Noé en 2016 pour partager son expertise et ses compétences avec le GREPOM, que Noé et le GREPOM ont organisé un atelier à Agadir du 1er au 3 mars 2017. Cet atelier a permis l’identification des mesures prioritaires pour la conservation de cette espèce, la préservation de son habitat, mais aussi, le travail et la collaboration avec les communautés riveraines de l’espèce.

La connaissance de l’Ibis Chauve est importante mais encore parcellaire. Ainsi le renforcement de notre connaissance sur sa dispersion, sur l’impact des activités humaines sur sa biologie mais aussi sur son alimentation et sur la qualité de ses habitats est une nécessité à laquelle il faudra répondre.

L’autre enjeu majeur et immédiat, est la protection de cette dernière colonie sauvage au monde. Cela passe par la protection des sites de nidification, des habitats que cette espèce utilise, mais aussi par l’établissement d’une stratégie de reconquête de nouveaux territoires pour cette espèce afin d’éviter une concentration de l’ensemble des derniers individus en un seul site.

L’ensemble de ces mesures ne sera efficace que si la légitimité de ces actions de conservation est renforcée auprès des communautés, mais aussi auprès des décideurs politiques, locaux et nationaux, et auprès des acteurs économiques.

C’est sur ces conclusions, et sur une volonté ambitieuse de réussir que s’est achevé cet atelier, grâce notamment à la présence de la direction du parc national de Souss-Massa, du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification du Maroc, de Birdlife International et du CEPF.

Ce travail pourra devenir le socle d’un projet de conservation de l’Ibis Chauve et de gestion de ses habitats pour lequel Noé et l’ensemble des acteurs de la conservation de cette espèce emblématique et légendaire se mobilisent.