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Les syrphes, anti-pucerons naturels

13 décembre 2017

Souvent confondus avec les guêpes à cause de leurs corps jaune rayés de noir, les syrphes sont pourtant d’une aide précieuse pour les agriculteurs et jardiniers. Pollinisation, prédation des pucerons, et même recyclage de la matière organique, les raisons sont nombreuses pour les accueillir dans son jardin et ses parcelles agricoles.

Comment reconnaître un syrphe ?

Nous ne sommes pas les seuls à confondre les syrphes avec les guêpes, abeilles et frelons. Même leurs prédateurs (moineaux, pies…) s’en méfient ! Ils font pourtant partie de la famille des diptères tout comme les mouches et les moustiques. Plus petits (entre 10 et 15 mm), plus fins et plus rapides, ils sont aussi reconnaissables par leur vol stationnaire.

Présents de février à novembre avec une pointe d’activité en juin et juillet, les syrphes pondent leurs œufs isolément ou par paquets, souvent directement dans une colonie de pucerons dans lesquelles naissent les larves, de couleur blanche ou vert translucide. Les syrphes hibernent rarement à l’état adulte mais plutôt à l’état larvaire. Dans tous les cas, ils s’abritent dans des vieux bâtiments, des abris de rochers, une litière de feuilles, sur les faces inférieures de feuilles persistantes, dans les creux des écorces ou sous le feuillage épais du lierre… et les adultes profitent du moindre rayon de soleil pour trouver de la nourriture, le pollen et le nectar des fleurs ! Certains syrphes vivent cependant plutôt la nuit. Découvrez-les grâce à notre Observatoire de la Biodiversité de la Nuit.

Un super pollinisateur, mais pas que !

Au stade adulte, les syrphes jouent un rôle essentiel : la pollinisation. En volant de fleur en fleur sur de longues distances, ils répandent les grains de pollen et participent ainsi à la reproduction des végétaux au même titre que les abeilles ou les papillons. Ils apprécient tout particulièrement les plantes ombellifères à la corolle peu profonde : cerfeuil sauvage, achillée millefeuille, angéliques et fenouil constituent leur garde-manger.

Les larves comptent quant à elles parmi les prédateurs de pucerons les plus efficaces, au même titre que les coccinelles, et sont donc essentielles dans la régulation de cette population de « ravageurs ». Une larve se nourrit en moyenne de 30 à 40 pucerons par jour, mais elle tue en réalité une quantité supérieure à ses besoins : jusqu’à 300 par nuit !

Les larves de certaines espèces se nourrissent quant à elles de débris organiques ou de végétaux en décomposition. Tout comme les vers de terre, les syrphes participent donc aussi au recyclage de la matière organique et au maintien de la fertilité des sols.

Des bonnes pratiques pour protéger les syrphes 

Comme beaucoup d’insectes, les syrphes sont victimes des pesticides : ils touchent directement les syrphes adultes, et en tuant les pucerons, ils privent aussi les larves de leur nourriture. Le prérequis est donc de se passer des pesticides. Il est alors possible de mettre en place une régulation naturelle des ravageurs en favorisant les auxiliaires et en diversifiant au maximum les plantes cultivées pour éviter la spécialisation des ravageurs.

Pour attirer les syrphes et autres auxiliaires, vous pouvez laisser se développer des plantes spontanées dans les plates-bandes, haies ou bordures de champs. Les larves pourront y dénicher leurs proies préférées en cas de disette sur les plantes cultivées. Des fleurs sauvages pourront également se développer et constituer un appétissant garde-manger pour les adultes.

Vous pouvez par ailleurs semer et entretenir des prairies fleuries de manière à assurer une floraison à la fois précoce pour nourrir les premiers syrphes dès la fin de l’hiver, étalée pour que les fleurs soient présentes en continue, et tardive pour apaiser les dernières faims.

Enfin, pour faciliter l’hibernation des syrphes et de nombreux autres animaux sauvages, vous pouvez préserver les abris naturels que nous avons cités plus haut.

À travers, ses Programmes « Agir ensemble pour les Pollinisateurs Sauvages », « Prairies de Noé » et « Jardins de Noé », Noé s’efforce de faire connaître ces bonnes pratiques au plus grand nombre. Que ce soit par le développement de jardins et espaces verts plus naturels, ou par la diffusion des pratiques agroécologiques, Noé agit pour la restauration de milieux accueillant pour la biodiversité et les pollinisateurs sauvages.