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Les sols, grands oubliés des politiques environnementales

09 août 2017

Durant trop longtemps, les sols ont été oubliés des grands défis environnementaux de notre société. Ils abritent pourtant une biodiversité particulièrement riche et nous fournissent des services indispensables. Depuis 2016, Noé fait partie du collectif européen People4Soil qui réclame une législation spécifique pour la protection des sols. Aujourd’hui, nous sommes signataires du Manifeste pour la préservation les terres agricoles, qui concentrent une grande part des problématiques liées à la question des sols.

Les sols sont des habitats riches en biodiversité. Des microorganismes aux petits mammifères, en passant par les insectes et les lombrics, le monde souterrain grouille de vie, chacun jouant un rôle bien précis. Ainsi les milliards de micro-organismes contenus dans une poignée de terre fournissent les nutriments nécessaires à la croissance des plantes. Sur 1 hectare de sol, ils représentent une masse équivalente à celle d’un éléphant, soit près d’une tonne ! Les vers de terre sont notamment responsables du maintien de la bonne structure du sol et de la circulation de l’air et des gaz.

La fourniture de notre alimentation est un service indispensable que nous rend le sol et sa biodiversité. D’après la FAO, les sols produisent 95% de la nourriture mondiale. Ils contribuent par ailleurs à notre santé en nous fournissant une eau potable et des espaces verts propices à notre bien-être. Ils interviennent enfin dans la régulation climatique par leur rôle de puits de carbone. On estime que 0,1% du carbone stocké dans le sol au niveau mondial équivaut aux émissions de gaz à effet de serre de 100 millions de voitures !

L’artificialisation des sols est l’une des premières menaces pour sa biodiversité. En Europe, depuis 1900, c’est l’équivalent de 500 stades qui ont été bétonnés chaque jour. Par ailleurs, notre gestion même du service d’alimentation, à travers notre modèle agricole, met en danger sa pérennité. Les monocultures intensives sont devenues la règle et menacent la vie de nos sols en provoquant une perte de matière organique, leur érosion et en les contaminant avec des molécules de synthèse. Le labour excessif et la présence trop occurrente de sols dépourvus de couverts végétaux accélèrent par ailleurs le transfert de CO2 dans l’atmosphère.

C’est pourquoi en 2016, Noé a rejoint le collectif People4Soil, réseau ouvert d’ONGs européennes, d’instituts de recherche, d’associations d’agriculteurs et de groupes environnementaux, qui souhaitent que l’Europe reconnaisse le sol comme bien essentiel à notre vie et adopte une législation spécifique pour le préserver. Cette Initiative Citoyenne Européenne a été acceptée par la Commission Européenne et doit désormais recueillir 1 millions de signatures.

C’est pour protéger la biodiversité des sols que Noé défend une gestion durable de nos terres agricoles et donc les pratiques agroécologiques à travers son programme « Prairies de Noé ». Le volet dédié à l’agriculture de ce programme, ayant pris récemment de l’ampleur, c’est tout naturellement que Noé a souhaité être signataire du Manifeste pour la préservation des terres agricoles. Les acteurs signataires dénoncent les menaces évoquées ci-dessus, liées directement au bon état écologique des sols (artificialisation et épuisement). Ils dénoncent par ailleurs les dynamiques d’accaparement des terres par des investisseurs, souvent étrangers, qui exploitent alors les paysans en tant que salariés et sous-traitants, et menacent la souveraineté alimentaire des pays concernés en créant des tensions sociales et géopolitiques.

Pour toutes ces raison, Noé soutient la nécessité d’un moratoire national qui protège les terres agricoles à l’image des mesures qui ont été prises dans les territoires d’outre-mer, eux-mêmes soumis à une très forte urbanisation. Vous aussi, vous pouvez participer !