Retour aux actualités

Les rapaces, très utiles dans nos campagnes

11 août 2017

En agriculture la diversité animale est classée en trois catégories : les animaux n’ayant aucun rôle ni impact sur les cultures, les animaux ayant un impact négatif (appelés ravageurs) et les animaux ayant un impact positif (appelés auxiliaires). Les agriculteurs s’intéressent à cette dernière catégorie car les auxiliaires de cultures les aident, sinon à se passer de produits phytosanitaires, au moins à les diminuer. Les rapaces en font partie !

Les auxiliaires de culture : un enjeu pour l’agriculture durable

On entend beaucoup parler des coccinelles et vers de terre qui sont maintenant des auxiliaires phares. La coccinelle est principalement utilisée pour réguler la population de pucerons (tous stades de développement confondus, elle consomme 100 à 150 pucerons par jour pendant les 2 à 3 ans de son existence... le compte est vite fait !), pendant que le ver de terre fertilise le sol par des apports de matière organique et par l’aération du sol (1m3 de terre colonisée « normalement » par les vers de terre c’est environ 900 mètres de galeries creusées). Les insectes peuvent donc jouer un rôle clé en agriculture via la régulation des ravageurs comme les cochenilles, les criocères, les pucerons... Mais ils ne peuvent malheureusement rien contre les campagnols et les mulots.

Les rapaces comme auxiliaires de culture :

Et c’est ici que les rapaces entrent en scène. Les milans noirs, buses variables et faucons crécerelles qui représentent une petite partie des cinquante espèces de rapaces que l’on compte en France, sont des oiseaux que l’on voit régulièrement dans les paysages agricoles. Mais il y en a d’autres : les éperviers, les autours des palombes, les busards saint martin et autres rapaces nocturnes comme les chouettes et les hiboux, qui sont plus discrets mais pas pour le moins absents.

Et voici comment ils sont utiles à l’agriculture :

  • Le milan noir, le faucon crécerelle et la chouette effraie consomment en moyenne 3 campagnols/ jour en un an, ce qui correspond à 1000 proies par an,
  • Le milan royal consomme 6 campagnols/ jour soit 2000 proies par an,
  • La buse consomme 8 campagnols/ jour, soit 2900 proies par an.

Ce n’est pas négligeable pour les agriculteurs. Mais contrairement aux coccinelles et aux vers de terre, il est compliqué de se procurer des rapaces pour ensuite les relâcher sur les parcelles... Mais alors comment profiter de ce service ?

Il faut procurer aux rapaces des espaces propices à la chasse. Les grands espaces dégagés qu’offrent les paysages agricoles sont favorables à cette activité mais encore faut-il que les rapaces puissent se poser quelque part pour surveiller les environs. C’est le rôle des perchoirs à rapaces que les agriculteurs peuvent installer à proximité de leurs parcelles.

Ces installations permettent aux oiseaux de voir loin sans se fatiguer et donc d’économiser leur précieuse énergie lorsqu’ils chassent. De plus, sur ces perchoirs ils peuvent se reposer, dépecer leurs proies ou encore surveiller leur territoire.

Ces piquets s’élèvent idéalement entre 1 et 2 mètres de hauteur (2 mètres étant préférable) et le perchoir (barre de bois installée perpendiculairement en haut du piquet) fait entre 3 et 5 cm de diamètre et mesure entre 20 et 50 cm.

Mais un piquet ne remplace évidemment pas un arbre, un bosquet ou une haie. Ces perchoirs naturels sont largement à favoriser car ils peuvent, en plus d’offrir un perchoir, servir de nichoirs et d’abris pour d’autres prédateurs comme les renards et les belettes.