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Les pélicans frisés des Balkans victimes d'aléas climatiques extrêmes : agissons maintenant !

16 avril 2018

Des évènements climatiques extrêmes menacent la survie des pélicans frisés dans les Balkans. Agissons ensemble pour les sauver !

Le Pélican frisé (Pelecanus crispus) est un véritable ambassadeur de la protection des zones humides dans les Balkans. Ce magnifique oiseau blanc-argenté, coiffé d’une incroyable couronne de plumes, peut atteindre jusqu’à 3 m d’envergure et mesurer jusqu’à 1,80 m de haut, ce qui en fait l’un des plus grands oiseaux capables de voler au monde ! Oiseau de tous les records, son long bec peut mesurer jusqu’à 45 cm de long, reconnaissable à son sac gulaire sur sa mandibule inférieure qui prend une teinte rouge vif à la période nuptiale.

Les pélicans frisés ont alimenté les mythes dans le passé et font aujourd’hui l’objet d’un intérêt grandissant pour les touristes et les amateurs de nature. Ces géants ailés sont cependant très vulnérables et dépendent des actions que nous mettons en place pour les protéger et protéger leurs habitats.

Les caractéristiques uniques du pélican frisé le rendent en effet très sensible aux perturbations, à la faible abondance de nourriture, à l’absence d’habitats naturels, aux effets du changement climatique et à la pollution. Il est donc indispensable de protéger les zones humides, habitat naturel du pélican frisé, sous peine de voir ce magnifique oiseau disparaître de nos paysages.

En 2013, Noé a placé cette espèce au centre d’un Programme de conservation des Pélicans frisés dans les Balkans, ciblant 3 zones humides majeures en Albanie, en Grèce et au Monténégro. En 5 ans, les actions menées par Noé, en collaboration avec un réseau de partenaires locaux et internationaux et avec le soutien du Critical Ecosystem Partnership Fund et de la Fondation MAVA, ont permis de réduire drastiquement les perturbation des colonies de pélicans grâce à la mise en place d’actions de surveillance et de patrouilles, d’installer des sites de nidification et de repos protégés des intrusions, de fournir des équipements et construire des infrastructures pour améliorer les actions de surveillance et de gardiennage des colonies, et de mener un important travail d’éducation et de sensibilisation auprès des populations locales.

Les résultats les plus remarquables de ces actions ont été obtenus dans la région du Lac Skadar, au Monténégro, où la population de pélicans frisés a plus que triplé pendant la période de mise en œuvre du projet. Le nombre de pélicans frisés a ainsi atteint 48 couples reproducteurs contre 10 à 15 couples reproducteurs au début du programme ! En Albanie le nombre de couples reproducteurs est passé de 31 à 52 couples reproducteurs en 2017. L’équipe de Noé peut aujourd’hui dire que l’une des pièces maîtresses de ce succès a consisté dans l’installation de radeaux de nidification, sur le Lac Skadar, qui ont été acceptés par les pélicans en un temps record et qui sont devenus le seul site de nidification pour les pélicans depuis 2014.

Ces radeaux ont initialement été installés en réponse aux inondations provoquées par les fortes pluies qui dévastaient les nids construits par les pélicans sur les îlots naturels. Avant la mise en place des radeaux, les inondations engloutissaient complètement les nids, les œufs et les poussins et provoquaient l’échec de la saison de nidification. La pose des premiers radeaux simples en bois flottant s’est avérée être une excellente solution aux variations du niveau d’eau. Avec le temps la conception des radeaux s’est améliorée avec la mise en place d’un nouveau modèle avec des pontons résistant aux conditions météorologiques extrêmes.

Malheureusement, une situation climatique exceptionnelle affecte les Balkans cette année provoquant un nouveau défi non seulement pour les pélicans mais pour d’autres espèces d’oiseaux migrateurs. Dans toute la région, les oiseaux migrateurs venant de leurs sites d’hivernage ont été accueillis par des conditions météorologiques inédites (températures très faibles, neige) ayant pour conséquence majeure de faibles disponibilités en ressources alimentaires. En Bulgarie, les villageois ont ainsi recueilli des dizaines de cigognes blanches gelées pour leur offrir abris et nourriture. En Serbie, ce sont les hirondelles rustiques et diverses espèces de grives qui se sont trouvées prises au piège dans des tempêtes de neige.

Images de sauvetage de cigognes blanches en Bulgarie circulant dans les réseaux sociaux, Mars 2018

Oiseaux gelés en quête de nourriture en Serbie, mars 2018. Source : http://www.glas-zajecara.com/2013-se-ponavlja-pomor-ptica-je-u-toku/

Les pélicans frisés n’ont pas été épargnés par ces conditions météorologiques extrêmes au beau milieu de la saison de nidification, alors qu’ils couvaient leurs œufs. Les fortes pluies, la neige, la glace, le vent et les vagues ont commencé à endommager et à emporter les nids tandis que les oiseaux adultes peinaient à trouver de la nourriture en raison du niveau d’eau trop élevé.

Les radeaux de nidification ont subi des dommages importants, déplacés, brisés et presque renversés par les vagues, menaçant l’ensemble des nids construits par les pélicans. Seul le nouveau radeau avec pontons est resté stable, sans aucune perte.

Pélicans sur les radeaux au Monténégro avant et après la tempête qui a endommagé les radeaux. Source : caméra de surveillance placée sur les radeaux

L’année 2017 est une année des records sur le plan climatique. C’est aussi l’année la plus coûteuse en raison de l’ampleur des dommages provoqués par les catastrophes naturelles. L’Albanie, la Grèce et le Monténégro n’ont pas été épargnés par cette situation exceptionnelle. Au début de l’année 2017, le Lac Skadar, au Monténégro, a complètement gelé et plus tard la même année, a été enregistré le plus bas niveau des eaux des 30 dernières années. La première tornade jamais enregistrée sur le Lac Sakadar a été observée en mars 2018, et de petites tornades ont également été observées sur le Lac Kerkini, en Grèce. Les tempêtes de neige, les vents violents et les fortes pluies se succèdent sans discontinuer depuis des mois.

La situation actuelle nécessite des actions urgentes. Le futur des populations de pélicans frisés du Lac Skadar au Monténégro et de Karavasta en Albanie est d’autant plus compromis que les effectifs restent faibles malgré les efforts de conservation de ces dernières années.

Sur le site du Lac Skadar l’action la plus urgente est le remplacement des anciens radeaux de nidification pour des modèles plus solides pouvant résister à des conditions météorologiques extrêmes.

A Karavasta, les pélicans nichent sur une île de sable naturel qui est sous l’influence de forts courants. La restauration et le renforcement des limites de l’île seraient également nécessaires pour élever le niveau de la colonie de pélicans au-dessus du niveau de la montée des eaux.

Sans ces deux actions urgentes, les efforts de reproduction des pélicans frisés seront probablement réduits à néant. Pour ces actions Noé a besoin de votre soutien !

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