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Les Objectifs de Développement Durable, la France peut mieux faire

16 novembre 2017

Deux ans après leur adoption par les 193 pays siégeant aux Nations Unies, la France fait-elle figure de bonne élève pour tenir les engagements à horizon 2030 ?

Petit rappel. Les Objectifs de Développement Durable (ODD) ont été adoptés en septembre 2015 par 193 pays aux Nations Unies, ils font suite aux précédents Objectifs du Millénaire de Développement (OMD), auxquels le secteur privé n’était pas associé.

Au nombre de 17, ces objectifs sont déclinés en 169 cibles constituant ainsi un plan d’action permettant d’assurer une transition équitable vers un développement durable d'ici à 2030. L’une des clés de la réussite de cette transition repose sur la capacité des pays à mettre en place des partenariats multiacteurs pertinents, et en particulier basés sur l’engagement des entreprises, et c’est peut-être là que le bât blesse.

A l’occasion du 2ème anniversaire de l’adoption des ODD, B&L évolution vient de publier, avec le soutien du Ministère de la Transition écologique et solidaire et du Global Compact France, une étude sur la prise en compte des ODD par les entreprises.

Le Global Compact des Nations Unies rassemble entreprises, représentant de la société civile, organisations non gouvernementales, agences des Nations Unies, engagés pour construire des sociétés durables. Le Global Compact est ainsi la plus large initiative mondiale en matière de responsabilité sociétale avec plus de 12 000 participants dans 170 pays. Son relais officiel en France, le Global Compact France, rassemble près de 1 200 entreprises et plus de 100 organisations à but non lucratif. Plateforme d’échange, de partage et de questionnement, le Global Compact France vise à promouvoir le développement de démarches innovantes en matière de responsabilité sociétale.

L’étude de B&L Évolution montre ainsi la mobilisation des membres du Global Compact France sur les ODD, mais pointe également de vraies lacunes en matière de mise en œuvre des bonnes pratiques. Car si aujourd’hui la grande majorité des dirigeants d’entreprises françaises, de toutes tailles, des multinationales aux TPE, déclarent prendre des mesures en faveur des ODD, ils se contentent bien souvent de les intégrer à leurs rapports RSE, et priorisent encore principalement, voire très majoritairement, les ODD relatifs au travail décent et à la croissance économique (ODD 8), à l’égalité des genres (ODD 5) et à la consommation et la production responsables (ODD 12) dans leurs stratégies.

Des efforts doivent donc être faits pour accompagner les entreprises dans l’intégration d’un panel d’ODD plus large dans leurs stratégies, et notamment les ODD en lien avec le climat (ODD 13), la vie terrestre (ODD 15), et les énergies renouvelables (ODD 7). Ces efforts des entreprises françaises doivent s’appuyer notamment sur leurs parties prenantes pour améliorer leurs démarches RSE qui devra se concentrer sur l’innovation pour développer de nouveaux modèles économiques en ligne avec l’atteinte des 17 ODD à l’horizon 2030.

Car au-delà de leur intérêt stratégique et donc économique, à contribuer aux ODD, les entreprises, publiques comme privées, doivent s’appuyer sur ce cadre pour développer de nouvelles opportunités et maitriser leurs risques. Cette transformation en profondeur de nos modèles de sociétés nécessite l’engagement de tous, porté par une volonté politique forte et cohérente.

C’est ce que souhaite le Ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à travers l’élaboration d’une « Stratégie 2030 de transition écologique et solidaire », ayant pour objectif de mobiliser l’ensemble des acteurs en précisant « les repères nécessaires pour l'action ».

Pour rappel, le rapport 2017 de suivi des ODD pointe qu’à l'échelle internationale, le rythme de progrès pour atteindre les objectifs d'ici 2030 reste largement insuffisant. Le Secrétaire Général de l’ONU rappelait ainsi en juillet dernier au Forum de l’ONU que « un nombre alarmant d'enfants de moins de 5 ans est toujours affecté par la malnutrition, notamment en Afrique et en Asie », et qu’il était primordial de « préserver la diversité génétique de la faune et de la flore, qui est un aspect essentiel de la production agricole et alimentaire. ».

En France les outils existent, Plan Climat, visant une dépendance moins forte aux énergies fossiles importées, Plan d’action agroécologique, visant à réduire drastiquement l’usage des produits phytosanitaires, Stratégie nationale Mer et Littoral, visant une gestion durable maritime et côtière, Programme « 4 pour 1000 », visant à stocker le carbone dans les sols, Plan national de protection des récifs coralliens et des mangroves, etc. La France se place donc globalement dans la moyenne pour ce qui concerne ses engagements en termes de politiques nationales, reste à soutenir les initiatives nationales d’acteurs non étatiques s’inscrivant dans la mise en œuvre de ses politiques, et à développer par ailleurs une coopération internationale.

En 2018, le Forum de l’ONU aura pour thème « la transformation vers des sociétés durables et résilientes ». Ce sera l’occasion d’évaluer en particulier 5 des 17 ODD, axés sur la préservation de l’environnement, vie terrestre (biodiversité notamment), consommation et production responsables, villes durables, gestion durable de l'eau, énergies renouvelables.

Rendez-vous donc en 2018 pour cette prochaine évaluation et gageons que la France relèvera les défis des ODD et mobilisera les moyens nécessaires à leur atteinte.

Sans attendre 2030, agissez avec Noé et rejoignez notre communauté d’acteurs qui oeuvrent au quotidien pour la préservation de la nature : www.noe.org