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Les fêtes de fin d’année approchent… Envie d’offrir ou de déguster du chocolat ? Comment choisir un chocolat « responsable » ?

17 décembre 2018

En 2017, selon le Ministère de l’Economie et des Finances, ce sont près de 380.000 tonnes de produits de chocolat et de cacao qui ont été commercialisées en France (tablettes, confiseries, pâtes à tartiner, cacao en poudre...) La consommation moyenne en France est de 7,3 kg par an par habitant. Un chiffre qui place la France au 5rang des pays les plus consommateurs de chocolat, derrière l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et le Royaume-Uni.

Une proportion non négligeable des ventes de chocolats est réalisée à l’occasion des fêtes de Noël (12,4% des ventes annuelles). 80% des ventes sont effectuées par la grande distribution ; les chocolateries et autres magasins spécialisés se partageant les 20% restants.

Comment est produit le chocolat ?

L’ingrédient de base pour produire du chocolat est la fève de cacao. Celle-ci provient du cacaoyer, un arbre originaire d’Amérique Centrale. Son fruit, la cabosse, renferme des graines de cacao qui une fois la fermentation achevée deviennent des fèves de cacao.

C’est la Côte d’Ivoire qui est aujourd’hui le principal pays producteur de cacao à l’échelle mondiale (43%), et le principal fournisseur des fèves importées par les fabricants français. Suivent le Ghana, l’Indonésie, l’Equateur, le Nigéria, le Cameroun et le Brésil.

Quels problèmes pose le cacao ?

Déforestation, travail des enfants, paysans sous-payés : dans les pays où il est cultivé, le cacao n’est pas vraiment synonyme de progrès social.

Cacao et environnement

La première conséquence de la production de cacao à l’échelle mondiale est environnementale, car cette production se fait au détriment de la forêt. La demande en cacao ne cesse d’augmenter (elle a été multipliée par 3,5 depuis 1960 avec notamment l’arrivée de nouveaux consommateurs tels que les chinois).

Face à cette explosion de la demande, les espaces plantés en cacaoyers n'ont cessé de s’accroître. Mais le cacaoyer se développant à l'ombre d'autres grands arbres, sa plantation nécessite de grands espaces.

Cette extension de plantations se fait malheureusement au détriment de la forêt. C'est ainsi, par exemple, qu'en Côte d'Ivoire les plantations ont remplacé 80% de la forêt tropicale (environ 14 millions d’hectares). Un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) estime que pour maintenir la production actuelle, il faudrait raser environ 6 millions d’hectares supplémentaires dans les prochaines années.

Cette déforestation est lourde de conséquence pour la biodiversité. La faune et la flore de ces forêts sont menacées d'extinction à cause de la perte de leur habitat.

Le cacaoyer est aussi un arbre très fragile, sensible aux insectes et champignons porteurs de maladies. Des insecticides et fongicides sont ainsi utilisés massivement, et sont souvent toxiques pour l’environnement et l’Homme. La fève de cacao, très riche en matières grasses, concentre facilement ces produits.

Cacao et société

À ce défi environnemental, s’ajoute un défi social. Parallèlement à la demande qui ne cesse de croître, le prix du cacao ne cesse de baisser depuis 1950. Aujourd’hui, le cacao ne vaut même plus la moitié de ce qu’il valait il y a trente ans.

On dénombre dans le monde environ 5 millions de producteurs de cacao, la plupart détenant des parcelles d’exploitation de moins de 10 hectares et vivant sous le seuil de pauvreté, soit 2$ par jour. Une étude menée par le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne, révèle que seulement 7% de la valeur finale d’une tablette de chocolat revient au producteur lorsqu’elle provient de Côte d’Ivoire, tandis que les 2/3 de sa valeur reviennent directement aux marques et aux distributeurs. Dans les exploitations, ceci se traduit par une misère systématique des travailleurs.

Par ailleurs, les exploitations de cacao étant souvent petites et familiales, on y trouve très souvent des enfants au travail, de tous les âges, dans des conditions difficiles, manipulant des produits chimiques ou des machettes, et qui sont le plus souvent privés d’éducation faute de temps et de moyens. Ainsi, on compterait plus de 2 millions d’enfants impliqués dans la filière du cacao à travers le monde.

Comment choisir son chocolat face à ces enjeux environnementaux et sociétaux ?

Des certifications et des labels existent pour permettre aux consommateurs d’orienter leurs choix et leurs achats (voir par exemple Rainforest Alliance). Nombre de certifications équitables émergent sur le marché, valorisant les coopératives entre les producteurs qui s’organisent collectivement et partagent le fruit de leurs profits. Elles permettent non seulement de réduire le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le distributeur, mais garantissent aussi un revenu minimum pour l’entreprise locale jusqu’à 50% plus élevé que dans la filière conventionnelle.

Cela leur permet alors le plus souvent de passer au dessus du seuil de pauvreté et, pour certains, d’investir dans des infrastructures plus durables, notamment en migrant vers l’agroforesterie, sans intrants chimiques et très rentable à long terme.

Le site de Rainforest Alliance vous permettra de connaître les marques qui adoptent une démarche responsable et sont certifiées par cet organisme. Ce label de certification indique qu’une exploitation agricole, une entreprise forestière ou une entreprise de tourisme a été auditée en vue de sa conformité aux normes en matière environnementale, sociale et économique, normes qui sont soumises à des exigences de durabilité.

Vous pouvez aussi vous procurer du chocolat responsable chez Artisan du monde  ou chez Ethiquable.

En conclusion, nous vous invitons donc à privilégier des achats de chocolats en petite quantité mais de qualité afin de préserver l’Homme et la planète !

Bonnes fêtes à tous !

Sources :