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Les Etats Généraux de l’Alimentation : le dialogue, défi de la transition agroécologique

03 août 2017

Voici des nouvelles fraîches des Etats Généraux de l’Alimentation ! Nous vous l’avions annoncé, le 20 juillet a été lancée, pour 5 mois, cette grande consultation au sujet de l’avenir de notre modèle agricole et alimentaire. Notre Ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a présenté de grandes ambitions pour développer l’agriculture durable en laissant notamment la parole à tous les citoyens. Mais les débats qui suivent l’annonce récente concernant les aides de la Politique Agricole Commune (PAC), nous font douter quant à la capacité d’aboutir à un consensus favorable à une transition agroécologique à la hauteur des enjeux actuels.

5 défis pour la transition agroécologique

Lors de cette journée de lancement, Philippe Maugrin, Directeur de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), a énuméré les 5 défis que devront relever les acteurs participant à la consultation pour répondre au vœu de Nicolas Hulot, à savoir, mettre en route une réelle transformation culturelle qui s’adresse à tous les modèles agricoles :

  • Réduire l’utilisation des pesticides et des antibiotiques ;
  • Contribuer à la qualité des eaux, des sols et de l’air ;
  • Concevoir des systèmes résilients face au défi climatique ;
  • Développer les produits biosourcés et les énergies renouvelables ;
  • Préserver la biodiversité et en particulier les populations de pollinisateurs.

Ces défis, Noé les intègre au cœur de ses programmes de conservation de la biodiversité : Prairies de Noé et son volet Agriculture et Biodiversité, SOS Pollinisateurs sauvages, Villes de Noé

Parmi les leviers d’action mis en avant lors de cette journée pour transformer nos modes de production et de consommation : l’information, l’éducation et la sensibilisation, principe d’action phare de Noé qui promeut des comportements plus respectueux de l’environnement.

Dialogue et intérêt commun : un sixième défi ?

Stéphane Travert, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, l’a relevé le 20 juillet, ce dialogue entre ONGs, agriculteurs, distributeurs, élus, etc. devra permettre des compromis pour relever l’ensemble des enjeux liés au revenu des agriculteurs, à la sécurité alimentaire, au gaspillage, à la structuration des filières et aux défis environnementaux. Malheureusement, les réactions suite à sa dernière décision, ne sont pas de bon augure. Il a annoncé, comme demandé par la Commission Européenne, le niveau que la France compte prélever dans le pilier 1 de la PAC pour le pilier 2 : à savoir de 4,2 %.

Ce pilier 1 fournit des aides directes aux agriculteurs en fonction de la taille de leur exploitation. Il profite donc avant tout aux grands céréaliers et à l’agriculture conventionnelle. Leurs syndicats accusent donc le Ministre de faire tort à la grande majorité des agriculteurs. Le pilier 2, quant à lui, propose des aides conditionnées sur des pratiques respectueuses de l’environnement, que Noé promeut, pour les exploitations en zones de montagne, les jeunes agriculteurs en installation, l’agriculture biologique ou encore l’agriculture raisonnée. La Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) relève cependant que ce transfert minimal ne suffira pas à couvrir les investissements nécessaires pour soutenir le rythme actuel de développement de la filière Bio (+15% par an). Bon nombre d’ONG souhaitent un transfert plus important dont une part réservée exclusivement l’agriculture biologique (AB).

Entant donné le succès actuel du modèle AB et les demandes toujours plus nombreuses de conversion, il est essentiel de renforcer les budgets qui lui sont dédiés. Cependant, les aides conditionnées de la PAC doivent également être accessibles à tout agriculteur souhaitant développer les pratiques agroécologiques sur son exploitation et donc prendre plus d’ampleur par rapport au premier pillier. Pour la réussite des Etats Généraux de l'Alimentation, des compromis seront nécessaires entre les différents représentants du monde agricole pour défendre des politiques publiques qui soutiennent l’ensemble des agriculteurs dans leur transition, que ce soit vers l’AB ou d’autres modèles vertueux.

Convaincre tous les acteurs, y compris dans les grandes filières industrielles, des intérêts et de la nécessité d’une transition agroécologique qui ne laisse de côté personne, reste un enjeu majeur. C’est pour cela que Noé travaille avec les entreprises agroalimentaires, à la tête de ces filières, pour entraîner l’ensemble de leurs chaînes d’approvisionnement à répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, aux enjeux sociétaux et environnementaux, et à l’intérêt commun.

Vous aussi, participez !

Vous pouvez déjà participer à la première étape des Etats Généraux de l’Alimentation en vous connectant sur la plateforme egalimentation.gouv.fr. pour répondre à la consultation publique Pro.posez des solutions et votez sur les 3 thèmes :

  • Favoriser une chaîne de production agroalimentaire plus durable et plus équitable ;
  • Favoriser une consommation plus saine, plus sûre et plus respectueuse de l'environnement ;
  • Concilier compétitivité internationale de la production agro-alimentaire et respect des enjeux sociétaux internationaux.

Par la suite, des ateliers professionnels seront organisés. Deux ateliers devraient porter sur les problématiques liées aux impacts environnementaux de l’agriculture et des chaînes d’approvisionnement.