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Les espèces « spécialisées », des indicateurs de santé de nos écosystèmes en fort déclin

22 juin 2017

Qu’ont en commun l'Alouette des champs et de Linotte mélodieuse ? Ce sont deux espèces d’oiseaux dites spécialisées, en raison de leurs ressources et leurs sites de nidification essentiellement et comme pour la majorité des espèces spécialisées en France, leur population diminue depuis les années 70 (de 30% pour l'Alouette des champs  et de 70% pour la Linotte mélodieuse).

De nos jours, les espèces d'oiseaux que nous observons le plus en ville ou à la campagne sont les oiseaux généralistes, tels que la pie bavarde, le pigeon ramier ou la corneille noire. Effectivement, ceux-ci voient leurs populations augmenter fortement ces dix dernières années, du fait de leur forte capacité d’adaptation aux activités humaine et aux changements globaux. Ces tendances ne sont pas seulement observées en France mais également à l’échelle européenne. Celles-ci pourraient illustrer un phénomène d'homogénéisation de la faune aviaire, les communautés d'oiseaux s'uniformisant vers des compositions d'espèces peu spécialisées, présentes dans tous les milieux, d’après l’observatoire de la biodiversité (bilan 2017 de l'état de la biodiversité en France réalisé le 19 mai dernier).

Quelles sont les causes de ce déclin ? Le déclin des espèces spécialisées, qui ont des exigences écologiques plus strictes, est le reflet d’une homogénéisation des territoires français provoquant moins de diversité de ressources, moins de gîtes et moins de site favorables à la reproduction des espèces.

Ce constat réalisé sur les espèces d’oiseaux peut être extrapolé à toutes les espèces généralistes et spécialistes. Les pollinisateurs sauvages notamment : une grande partie des 800 espèces d’abeilles solitaires sont spécialistes contrairement à leur cousine, l’abeille domestique. Et même si, les pesticides font du mal aussi bien aux abeilles sauvages que domestiques, l’uniformisation des cultures formant des déserts alimentaires pour les abeilles sauvages est une cause non négligeable de la disparition de la diversité des pollinisateurs sauvages en France. Il est donc important de comprendre que, même si les champs ne sont pas traités chimiquement et qu’ils attirent les abeilles domestiques, tels que les immenses champs de colza, les monocultures à proximité sont des déserts alimentaires pour de nombreux pollinisateurs. Face à ce constat, Noé développe un projet global pour protéger l’ensemble des pollinisateurs (généralistes et spécialisés) en proposant aux gestionnaires d’espaces verts, aux gestionnaires de routes, aux agriculteurs, aux entreprises et aux particuliers, d’offrir le gîte et le couvert à tous les pollinisateurs : diversité floristique, diversité de gîtes (haies, talus, souches d’arbres, hotels à abeilles solitaires). En complément de ces actions, le programme permet de mieux connaitre et faire connaître nos pollinisateurs spécialistes grâce aux sciences participatives.

Quelle que soit les espèces que l’on veut sauver, il faut toujours tenir compte des espèces spécialistes, celles-ci sont les meilleurs indicateurs de l’état de santé de nos écosystèmes.