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Les addax de retour dans la RNNTT

08 mars 2018

L’addax, antilope la plus menacée de la bande sahélo-saharienne, est très difficile à observer depuis plusieurs années. Les raisons sont multiples, une petite population, une large répartition spatiale, un terrain d’observation difficile, une population impactée par du braconnage faisant chuter ses effectifs, et un comportement craintif et de fuite. C’est pourquoi l’équipe de Noé au Niger se réjouit d’avoir pu observer en janvier 2018 10 individus dans la Réserve Naturelle Nationale de Termit et Tin-Toumma (RNNTT) dont un groupe de 9, une première depuis 2014.

Depuis la création de la RNNTT le 6 mars 2012, la population des addax, alors estimée à 250 individus, a été soumise à de nombreuses perturbations : braconnage, dérangements, augmentation de la circulation des véhicules du fait de l’exploitation pétrolière,  développement de trafics en provenance ou à destination de la Lybie. Cette situation a mené à une situation critique en 2015 et 2016 avec une seule observation directe d’un groupe de 3 individus sur cette période.

Cependant depuis 2017, des observations plus fréquentes ont lieu, et des témoignages semblent indiquer que les addax sont de retours dans la RNNTT. Les résultats encourageants de cette dernière mission semblent confirmer cette nouvelle situation. En effet, en plus des 10 addax observés, les traces d’un groupe d’au-moins 20 addax ont été observées. Des témoignages font également état d’un autre groupe d’une vingtaine d’individus dans une autre localisation.

Cette nouvelle situation pourrait être favorisée par l’arrêt temporaire des activités d’exploitation pétrolière dans la réserve rendant à nouveau l’habitat des addax très peu fréquenté.

Derniers représentants de cette espèce à l’état sauvage, ces groupes sont d’autant plus précieux qu’ils sont encore soumis à du braconnage opportuniste par les trafiquants traversant le désert comme l’attestent les deux peaux d’addax retrouvées pendant la mission trouées par des impacts de balle.

La situation est critique, la population semble avoir souffert des perturbations et du braconnage, et il y a urgence à agir pour sauver cette espèce à l’Etat sauvage. En réponse, un processus de concertation réunissant l’ensemble des acteurs et experts a établi un plan d’action spécifique à l’addax que Noé met en place avec les autorités nigériennes dans la RNNTT dans le cadre de son projet.