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L’enjeu change : les coopératives agricoles suivent

23 mars 2017

À l’occasion de la Semaine pour les Alternatives aux Pesticides (SPAP), Noé souhaite lever le voile sur les techniques de production des professionnels de l’agroalimentaire, de la graine à l’assiette.

Les coopératives agricoles sont l’un des maillons essentiels de la chaîne de production, car elles font le lien entre le monde agricole et les industries. Mais dans un contexte où les enjeux environnementaux et sanitaires sont au cœur des débats, celles-ci doivent adapter leurs exigences et convaincre les agriculteurs de les suivre.

En France, une  société coopérative agricole (SCA) est une entreprise relevant de la loi du 10 septembre 1947 et du code rural. Les coopératives sont généralement dirigées par un conseil d’administration issu de l'assemblée générale et c’est ce conseil qui élit par la suite un président. Ces sociétés ont été créées par des agriculteurs pour partager les coûts liés aux achats d’outils et aux produits phytosanitaires. Ce concept a eu un large succès de 1947 à 2012, en effet, le pourcentage d’agriculteurs français adhérant à une coopérative était de 75% selon la Coop de France.

Cependant, les coopératives sont aujourd’hui sujettes à plusieurs reproches. A l’origine créées dans le but d’aider les exploitants agricoles, certaines ont petit à petit fait passer leur propre rentabilité avant les intérêts de leurs adhérents. Or ce besoin de rentabilité a poussé les agriculteurs à produire en grande quantité, ce qui ne permet pas aujourd’hui la valorisation de leurs produits et n’encourage en rien le développement de pratiques durables sur le territoire.

Le rôle de la coopérative :

Les coopératives doivent être des leviers de décision efficaces pour permettre aux agriculteurs d’adopter des pratiques plus durables via la diffusion des progrès techniques et la mise en avant des pratiques conformes à l’environnement et à leur santé. En effet, les coopératives sont en relations directes avec les agriculteurs, qui peuvent parfois manquer d’information sur les nouvelles pratiques agricoles et qui continuent donc à utiliser des produits et des méthodes néfastes pour leur santé et celles des Hommes en général et pour les écosystèmes.

Le rôle des coopératives est donc essentiel : elles doivent devenir les prescripteurs auprès des agriculteurs de l’existence de méthodes de production plus responsables et durables, pour ensuite les accompagner dans leur mise en place.

Certaines d’entre elles ont déjà pris le pas : aujourd’hui 550 coopératives sont engagées dans le bio,  56 autres sont tournées dans une démarche B-Motivated afin de trouver des solutions de biocontrôle en grandes cultures (animées par InVivo AgroSolutions), enfin, d’autre encore s’engagent dans l’expérimentation et la production de références sur les systèmes économes en phytosanitaires (Ferme DEPHY, dans le cadre du plan Ecophyto).

L’enjeu est de taille, voici quelques chiffres intéressants qui démontrent l’importance de mettre en place des pratiques plus responsables dans l’agriculture :

  • 50,9 % du territoire français sont des surfaces agricoles,
  • le secteur agricole représente 21% des émissions françaises de gaz à effet de serre (13% des émissions mondiales),
  • 45% des fruits, légumes et céréales non biologiques contiennent des pesticides...

Des chiffres qui incitent les consommateurs à être mieux informés sur les aliments qui composent leurs assiettes. Pour cela, les industries doivent vendre des produits sains et les coopératives sont encouragées à soutenir leurs agriculteurs pour mettre en place des cultures durables, respectueuses de l’environnement et conforment à la santé des consommateurs.

Vous l’aurez donc compris, la production alimentaires est une chaîne successive d’acteurs dans laquelle les coopératives ont un rôle prépondérant. En effet considérés comme les relais entre les agriculteurs et les acteurs de l’agro-alimentaire, elles doivent donc assumer cette responsabilité notamment en considérant le rôle d’informateur qu’elles ont à jouer sur les risques liés à la santé et à l’environnement.

Nous consommateurs, pouvons influencer les coopératives pour qu’elles deviennent actrice du changement du mode de production. Comment ? En étant exigeant, en demandant tout d’abord de l’information sur la présence de pesticides, OGM, huile de palme, origine, puis en modifiant sa façon de se nourrir en achetant plutôt des produits non transformés, des produits labellisés montrant les efforts fournis par les entreprises, des produits locaux ou encore mieux, des produits biologiques.

Pour Noé la notion de chaîne de production ou « filière » est essentielle, car si le consommateur veut pouvoir avoir accès à des produits de qualité, chacun des acteurs de la chaine doit être impliqué.  Dans le cadre de son partenariat avec l’entreprise Lu, Noé aide à la mise en place d’une charte permettant, en plus de la préservation de la biodiversité locale, de recréer un lien entre l’entreprise d’agroalimentaire et ses partenaires agricoles, et ceci à travers les coopératives. Elles sont donc amenées à devenir l’intermédiaire privilégié de l’industrie agro-alimentaire et du monde agricole, deux entités dont la collaboration est une clé pour développement d’une agriculture plus durable.