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Le « palmier de Lifou » n’est plus considéré en danger critique d’extinction !

07 février 2018

Le travail mené par Noé depuis 2009 grâce au soutien de Chanel Parfums & Beauté, a permis aux experts de la Liste Rouge de l’UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature) de conclure que le Cyphophoenix nucele ou « palmier de Lifou », n’est plus en danger critique d’extinction !

Focus sur le projet de conservation du Cyphophoenix nucele mis en œuvre par Noé en Nouvelle-Calédonie depuis 2009.

Au cœur de la forêt dense humide des îles Loyauté, le palmier Cyphophoenix nucele, localement connu sous le nom de « Nu Trehle » ou « palmier de Lifou », déploie ses palmes. Pouvant atteindre jusqu’à 12m de haut, une seule population naturelle est connue à ce jour dans le monde. Elle se trouve sur Lifou, sur une petite zone sur la côte Nord-Est de l’île, sur le territoire de la tribu de Jozip où les premières prospections avaient permis de dénombrer seulement une centaine de plants.

Depuis 1998, le Cyphophoenix nucele était considérée comme en danger critique d’extinction « CR » sur la Liste Rouge de l’UICN en raison de sa répartition géographique restreinte et des risques liés au déclin de son habitat, notamment du fait de la pratique de l’agriculture sur brûlis. Ces éléments ont ainsi justifié le choix de cette espèce comme cible prioritaire du programme « Palmiers et Conifères de Nouvelle-Calédonie » de Noé.

Le projet de conservation du Cyphophoenix nucele mis en œuvre par Noé et soutenu par Chanel Parfums & Beauté et la Province des îles, a permis d’importantes avancées en matière d’amélioration des connaissances sur cette espèce, tout particulièrement concernant son aire de répartition, le développement de sa population et son état de conservation.

Ainsi, une étude par imagerie satellite menée par Noé en 2015 a permis d’obtenir une cartographie détaillée de l’aire de répartition du Cyphophoenix nucele en identifiant 1077 individus sur une zone d’occupation de 552 ha (soit 5,52 km²). Cette cartographie a été complétée par des prospections sur le terrain qui ont confirmé la découverte de 174 nouveaux individus matures, 342 juvéniles et au moins 168 plantules. Ces découvertes viennent ainsi doubler l’effectif initial connu d’individus adultes du « palmier de Lifou » sur la zone de Jozip !

D’autre part, une étude sur la caractérisation de l’état de conservation des populations de Cyphophoenix nucele a été réalisée en 2016. L’étude a permis de mettre en évidence un bon état phytosanitaire général de l’espèce ainsi que d’observer une importante régénération, en dépit d’une prédation importante des graines par les rats.

Après 7 ans d’efforts, la reclassification du « Palmier de Lifou » est vécue comme une grande victoire pour Noé !

L’ensemble des données acquises sur le terrain par Noé ont permis de constater que le Cyphophoenix nucele ne semble plus menacé de façon immédiate : la population montre des signes de régénération suffisemment importants et il ne parait pas y avoir de menace assez importante et immédiate pouvant le mettre en danger de disparition. Les observations réalisées dans le cadre de l’étude sur l’état de conservation du Cyphophoenix nucele ont donc permis d’avancer l’hypothèse que tant que son habitat, la forêt humide, n’est pas dégradée, le « palmier de Lifou » ne semble pas menacé de disparition.

Lors de l’atelier de révision des statuts des palmiers endémiques de Nouvelle-Calédonie organisé le 30 septembre et 1er octobre derniers par la Red List Authority (RLA) pour la Flore[1] (Endemia) à Nouméa, les informations présentées par Noé ont ainsi permis aux experts de statuer que le Cyphophoenix nucele n’est plus considéré en danger critique d’extinction !

Cependant, au vu de sa localité restreinte, le « palmier de Lifou » reste vulnérable face aux menaces et son statut pourrait évoluer à nouveau très rapidement en fonction des nouvelles acquisitions de données sur le terrain. Il est donc désormais classé dans la catégorie des espèces dites « Vulnérables » sur la Liste Rouge UICN des espèces menancées.

Pour cette raison, Noé souhaite poursuivre les actions d’amélioration des connaissances sur cette espèce. Des études sur les rats et les fourmis électriques sont prévues en 2017 afin de déterminer le degré de menace qu’ils représentent pour le Cyphophoenix nucele. Des études sur les disséminateurs et les pollinisateurs du palmier sont également prévues en 2017 afin de renforcer et étoffer les informations sur la biologie de sa reproduction.

En renforcement de ces actions, une pépinière communautaire aujourd'hui gérée par la tribu de Jozip, a été créée avec l'aide précieuse et les conseils des équipes des sociétés SNN / TAKONE et particulièrement celle de Jean Waikedre qui a accompagné Noé dès le début de ce projet. Sans cette aide, rien n'aurait été possible et Noé les en remercie chaleureusement. Cette pépinière est conçue comme un véritable outil pour la conservation du « palmier de Lifou » à travers la production de plants pour des projets de restauration et de renforcement des populations. Elle permet également de générer des revenus pour la tribu grâce à la vente de plantes ornementales. Cette pépinière s’intègre dans un réseau de 4 pépinières communautaires soutenues par Noé sur l'ensemble du territoire pour la conservation des espèces rares et menacées de palmiers et conifères de Nouvelle-Calédonie.

[1] L’objectif de la RLA Flore NC est de passer en revue l’ensemble des 3 300 espèces néo-calédoniennes afin d’actualiser leur statut UICN, sachant que 5% sont déjà inscrites sur la liste rouge avec un statut considéré comme actualisé c'est-à-dire évalué il y a moins de 10 ans.
La liste Rouge sert de support pour l’élaboration des listes des espèces protégées sur les codes de l’environnement des provinces.