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Pendant que la PAC avance, la France recule ?

13 juillet 2017

À l'origine, l’objectif de la PAC (Politique Agricole Commune) était clair : assurer une sécurité alimentaire pour l’ensemble de la population : l’agriculture intensive était née. Mais après quelques décennies à ce régime de production des problématiques nouvelles sont apparues : perte de biodiversité et de fertilité du sol, pollution des nappes phréatiques, érosion des sols, résistance accrue des ravageurs aux produits phytosanitaires... Il est alors devenu essentiel de prendre en compte les écosystèmes dans la production agricole.

 La PAC a été mise en place en 1962 et représente aujourd’hui environ 35% du budget européen. Elle a été créée dans un contexte d’après guerre et son objectif était clairement d’assurer une productivité agricole suffisante pour nourrir la population. Et c’est ainsi que l’utilisation massive de pesticides a commencé en Europe. Mais en 2013 un nouveau tournant a réorienté la PAC vers  une agriculture plus durable.  Et dans la même lancée, le mercredi 14 Juin 2017, le parlement européen a voté la restriction de l'usage des pesticides dans les "Surfaces d'Intérêt Ecologique" (SIE).

En effet à partir de 2013 les agriculteurs ont l’opportunité de bénéficier, en plus du DPB (Droit au Paiement de Base) de la PAC, d’un complément de 30% de la valeur de cette subvention s’ils mettent en place les pratiques suivantes :

- maintien des prairies permanentes ;

- instauration d’une diversité des assolements ;

- maintien ou création des SIE (Surface d’Intérêt Ecologique).

Ainsi nous y voilà, les fameuses SIE. Ces surfaces sont en fait des infrastructures que l’agriculteur s’engage à déclarer et à protéger sur minimum 5 % de la surface de son exploitation, et qui permettent de sauvegarder la biodiversité. Elles peuvent être de différentes natures : agroforesterie, surfaces boisées, bordures de champs, légumineuses, taillis, mares...

Mais certaines incohérences persistent, et l’autorisation de diffusion de pesticides sur ces surfaces lorsqu’elles sont cultivées (ex : les légumineuses) en fait partie. Et c’est dans ce cadre que la Commission Européenne a récemment proposé d'interdire l'utilisation de pesticides dans les SIE. C’est une bonne nouvelle car cette petite victoire pourra participer à orienter les réformes de la PAC vers une agriculture plus durable.

Cette décision de la Commission Européenne est une bonne nouvelle pour l’agriculture française. Mais en parallèle l’association Générations Futures nous prévient que le gouvernement français, pourtant un des précurseurs dans ce domaine dans pesticides, étudie la possibilité de supprimer, par ordonnance, des dispositions protectrices majeures concernant les pesticides. Ces mesures à l’étude sont les suivantes :

- revenir sur le principe d’interdiction de la pulvérisation aérienne sauf danger sanitaire grave introduit par la loi 2015-992 ;

- supprimer la catégorie des Préparations Naturelles peu préoccupantes (PNPP) qui regroupe des biostimulants utiles aux agriculteurs ne voulant pas utiliser de pesticides de synthèse ;

- revenir sur l’interdiction des néonicotinoïdes prévue pour 2020. Et ce que le retour des néonicotinoïdes est opportun, alors que l’Union Européenne s’apprêtait à suivre l’exemple français en interdisant les 3 principaux néonicotinoïdes utilisées... Pour plus d’informations, voici quelques mots du directeur de l’association Générations Futures :  http://rmc.bfmtv.com/emission/les-pesticides-tueurs-d-abeilles-reautorises-c-est-une-proposition-absurde-et-anti-scientifique-1194792.html

Ces mesures sont inacceptables et pour s’y opposer Noé s’engage à soutenir les entreprises d’agroalimentaires qui veulent améliorer leurs pratiques agricoles en se passant de plus en plus des pesticides, pour leur propre santé et la santé de la biodiversité.

Si, vous aussi, vous souhaitez agir concrètement pour faire changer les modes de production actuels, il vous suffit de consommer de manière responsable : achetez des produits bio, locaux et de saison !