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La grenouille rieuse

27 novembre 2018

Ne vous fiez pas à la consonance de son nom, elle le doit au bruit que font les mâles en période de reproduction car leur chant ressemble un rire aiguë et saccadé. Pelophylax ridibundus (anciennement Rana ridibunda) est le nom scientifique de cette grenouille verte qui vient de la famille des Ranidés. Venant de l’Europe de l’Est, elle menace les populations de grenouilles indigènes et déstabilise les écosystèmes. Il est primordial d’alerter sur le fait que l’introduction d’espèces invasives par l’Homme constitue une menace préoccupante et une cause de l’érosion de la Biodiversité. La concurrence entre espèces et leur croisement engendre le déclin de nos grenouilles indigènes qui tendent à disparaitre.

Qui est-elle ?

La grenouille rieuse a été introduite par l’Homme dans les années 70 pour sa consommation. En effet les grenouilles rieuses sont plus imposantes que nos grenouilles, elles possèdent de longues pattes arrière bien charnues et musclées, appréciées des amateurs de batraciens. Cette importation a conduit à la propagation non contrôlée de cette espèce fugitive.

[caption id="attachment_7171" align="aligncenter" width="3888"] © Quentin Martinez / Biosphoto[/caption]

La grenouille rieuse n’est pas très exigeante et son habitat est varié. Nous pouvons la retrouver au bord des rivières, dans des mares bocagères, des zones marécageuses mais également plus problématiquement dans des milieux pollués, tels que les déversoirs d’orages ou les égouts. Mais elles colonisent aussi peu à peu nos jardins ! Elles se montrent de mars à fin octobre dans les zones ensoleillés. Elle hiberne dans l’eau le reste du temps, dans leur substrat ainsi que dans les anfractuosités des berges.

Les grenouilles rieuses sont difficiles à identifiées jeune car elles ressemblent beaucoup à nos grenouilles vertes indigène. Adultes elles ont un museau pointu, leurs yeux sont rapprochés. Elles ont des sacs vocaux gris. La couleur de leur ventre et de leur dos est verte-grise, moucheté de tâche grises. Ce qui les différencie bien souvent de nos grenouilles indigènes sont leur chant et leur patte : leurs pattes avant sont très courtes alors que leurs pattes arrière sont au contraire très longues et très musclés, elles sont aussi entièrement palmées.

Pourquoi constitue-t-elle un danger pour nos grenouilles indigènes ?

  • La grenouille rieuse a une durée de vie de près de 8 ans contre 5 ans en moyenne pour nos grenouilles indigènes.
  • Lors de la saison de reproduction (mi-mai à mi-juin), les femelles pondent 5 000 à 10 000 œufs qui éclosent une semaine plus tard. Et lorsque les autres grenouilles vertes se reproduisent avec les grenouilles rieuses, la prédominance génétique de ces dernières écrasent l’autre espèce. Cette reproduction qui existe chez les grenouilles vertes s’appelle l’hybridogenèse*. Cette reproduction si elle n’est pas contrôlée peut avoir des effets dévastateurs sur une espèce. « La colonisation est très rapide. En Camargue, en quatre ans l’équipe du docteur Schmeller a observé la colonisation de grenouilles rieuses de tout un fleuve ». La petite taille des grenouilles vertes indigènes les rend plus vulnérables aux prédateurs (héron, couleuvre aquatique, loutre, belette, brochet) c’est pourquoi l’accroissement de la population de la grenouille rieuse est problématique.

[caption id="attachment_7172" align="aligncenter" width="4729"] © Benoît Personnaz / Biosphoto[/caption]

A cause des espèces invasives, introduites involontairement ou volontairement au sein d’un milieu, les espèces indigènes sont en danger d’extinction. Aujourd’hui, leur population à cause de leur reproduction est à contrôler mais leur importation se fait de moins en moins car les restaurateurs ont découvert deux autres espèces indonésiennes dont les cuisses sont directement : la Rana macrodon et la Fejervarya cancrivora moins chère que la précédente. Les scientifiques n’ont pas encore mesuré l’impact sur la biodiversité et les populations locales indonésienne mais on peut en imaginer les conséquences à long terme si cette importation n’est pas contrôlé.

Selon les dernières évaluations de la Liste rouge mondiale de l’UICN, les espèces exotiques envahissantes constituent une menace pour 32% des oiseaux, 30% des amphibiens20% des reptiles17% des mammifères terrestres et 15% des mollusques inscrits dans les catégories d’espèces menacées. Elles constituent à ce titre la troisième pression en terme d’intensité s’exerçant sur les espèces menacées au niveau mondial.

Que faire si elle est présente dans mon jardin ?

La loi interdit de déplacer les populations de grenouilles, pour prévenir ces populations au coassements intempestif qui se s’introduirai dans votre jardin vous pouvez placer une pompe dans votre point d’eau afin de limiter les reproductions. Nous vous conseillons d’informer les observatoires de la biodiversité de leur présence lorsque vous les croisez. Vous pouvez transmettre vos observations sur l’application de l’INPN : INPN espèces.

[caption id="attachment_7173" align="aligncenter" width="3391"] © Fabio Pupin / Visuals Unlimited / SPL - Science Photo Library / Biosphoto [/caption]

Définition d'hybridogenèse* : C’est un mode de reproduction alternatif à la reproduction sexuée observé chez quelque poisson, phasme et grenouilles. Chez ces espèces l’accouplement se fait entre mâles et femelles appartenant à des espèces ou lignées génétiques différentes. Tous les descendants sont donc des hybrides. Les jeunes femelles expriment les gènes maternel et paternel dans les cellules somatiques. Par contre, elles éliminent les gènes paternels lors de la formation de leurs ovules de sorte que ces dernières ne portent que les gènes de la mère. Les femelles fécondés ne transmettent donc que le génome des femelles pour les générations futures.

Source : Biologie Evolutive & Ecologie de l’Université libre de Bruxelles