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La chrysope, une jolie demoiselle protectrice des plantes cultivées

05 juin 2018

Ceux qui nous suivent de près ont peut-être déjà vu cette photo sur notre site internet à la fin du mois d’avril. Nous vous parlions alors du nouveau Plan du Gouvernement pour une agriculture moins dépendante des pesticides. Mais savez-vous quel est cet élégant insecte ? Et pourquoi nous l’avions choisi pour illustrer cet article ? Petite présentation de la chrysope et de son rôle pour protéger naturellement nos cultures et les plantes de nos jardins.

La chrysope est un insecte de la famille des névroptères surnommé « la demoiselle aux yeux d’or ». L’adulte est reconnaissable à ses grandes ailes transparentes et réticulées (réseau de nervures de forme hexagonale) et à ses longues antennes. Sa couleur varie en fonction des saisons, de vert en été à brun-rouge à l’automne sous l’influence du froid. Ses larves portent d’impressionnantes mandibules, plus longues que leurs têtes. Plus de 130 espèces ont été décrites en France. Elles sont malheureusement difficilement distinguables mais sont toutes d’aussi bons prédateurs.

Ce n’est pas la chrysope adulte qui réalise cette activité prédatrice. Elle se nourrit de nectar et de pollen. Ses ailes lui permettent de coloniser très rapidement une parcelle ou un jardin. Elle se déplace donc beaucoup et n’est pas liée à un seul milieu particulier. Cependant, les haies composées d’arbustes à fleurs, les bandes fleuries ou prairies fleuries diversifiées représentent des sources alimentaires importantes. Mettre en place ce type d’aménagements à proximité des plantes à protéger permet donc de les attirer.

Oeuf de chrysope © Monique Berger / Biosphoto

Pour protéger leurs pontes, les femelles adultes suspendent chaque œuf à un filament pouvant atteindre jusqu’à 8 mm de long. C’est une manière d’éviter les prédateurs et les moisissures. Un style très reconnaissable ! Les œufs sont disposés de façon isolée ou en groupe. La ponte a lieu dès la fin de l’hiver, permettant ainsi aux larves de rapidement s’attaquer aux insectes ravageurs.

Une chrysope © Sonia Dourlot / Biosphoto

Ce sont les larves qui sont à proprement dit les auxiliaires des cultures. Elles se déplacent en marchant et consomment un grand nombre de proies. Leurs crochés recourbés permettent de les saisir, de leur injecter leur salive puis de sucer le contenu de leur corps.  Elles apprécient les pucerons mais aussi d’autres insectes peu mobiles tels que les cochenilles, les chenilles, les acariens ou encore d’autres larves. Elles sont redoutables grâce à ces mandibules et peuvent consommer plus de 500 pucerons ou jusqu’à 10 000 acariens au cours de leur développement qui dure 15 à 20 jours. Deux à trois générations peuvent se succéder pendant l’année.

Vous comprenez donc mieux pourquoi nous l’avions choisie pour évoquer des solutions pour une agriculture moins dépendante des pesticides ! Encore faut-il préserver les habitats et leurs ressources alimentaires nécessaires au développement de cette biodiversité ordinaire. C’est tout l’objet de nos programme « Biodiversité & Agriculture », « Prairies de Noé » et « Jardins de Noé ».

Et si vous souhaitez connaître d’autres auxiliaires des jardins et cultures, retrouvez nos derniers articles : syrphes, sphinx, abeille charpentière, carabes, rapaces, vers de terre, escargots et limaces, et ceux qui qui suivront bientôt !