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La biodiversité du Pacifique s’invite au Sénat

08 juin 2018

Le jeudi 31 mai dernier, l’association Noé était présente au colloque organisé par la Délégation sénatoriale aux outre-mer sur le thème « Biodiversités du vaste Pacifique : Quelle valorisation d’un endémisme exceptionnel ?».

L’événement, placé sous le haut patronage de Gérard Larcher, Président du Sénat, et organisé en partenariat avec l’Agence Française pour la Biodiversité est le premier d’un cycle de conférences, sur deux années, dont l’objectif est de faire découvrir le  patrimoine naturel des territoires d’Outre-mer situés dans les trois grands bassins océaniques.

Les trois tables rondes de la première Conférence ont permis d’aborder des sujets complémentaires, passant en revue les initiatives développées dans les territoires du Pacifique en matière de préservation de la biodiversité ; les outils et démarches de gestion durable de la biodiversité et de sensibilisation des populations ; et les solutions pour concilier préservation des biodiversités et développement durable.

L’importance de cet événement tient en particulier à la contribution cruciale des territoires du Pacifique en matière de biodiversité.

La Polynésie française, les îles de Wallis et Futuna, et la Nouvelle-Calédonie sont caractérisés par une dimension maritime importante mais éclatée sur des territoires nombreux et dispersés. A titre d’exemple,  la Polynésie française est composée de 118 îles et sa ZEE (Zone économique exclusive) couvre à elle seule 5 millions de Km2 ! Autre exemple de la position maritime prédominante : l’étendue terrestre des territoires du Pacifique ne représente en moyenne que 0,35 % de leur domaine maritime ! C’est en particulier grâce à ces territoires que la France est dotée du 2ème domaine maritime mondial, derrière les États-Unis.

L’immensité de ces territoires maritimes et l’isolement des terres émergées expliquent la riche biodiversité et le taux d’endémisme exceptionnel qui caractérisent les territoires du Pacifique. Dans la catégorie des records, la Nouvelle-Calédonie possède le plus grand lagon du monde et la seconde plus grande barrière de corail, derrière l’Australie, et se place également à la troisième position mondiale pour l’endémisme de sa flore après Hawaï et la Nouvelle-Zélande.

C’est grâce à ses Outre-mer (qui recèlent plus de 80 % de la biodiversité nationale), que la France abrite plus de 10 % de la biodiversité mondiale. Or cette richesse est soumise à des pressions anthropiques multiples : surexploitation des ressources, destruction et morcellement des habitats, pollution, introduction d’espèces exotiques envahissantes…

Dans ce contexte, la visibilité accrue du rôle des Outre-mer dans la valorisation et la préservation de la biodiversité exceptionnelle qu’ils abritent est très encourageante et devrait inciter les autorités nationales, mais aussi européennes, à soutenir les initiatives qui visent à préserver la biodiversité !