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Jeux Olympiques et environnement : Quel bilan ?

05 août 2016

Respect de la nature et qualité de vie sont de rigueur pour l’accueil des Jeux Olympiques ! De nombreuses actions sont donc mises en place pour limiter au maximum l’impact de cet événement sur notre environnement. Toutefois, la construction d’infrastructures implique immanquablement la destruction et le morcellement d’habitats naturels pour de nombreuses espèces. Des programmes de compensation sont donc nécessaires, mais sont-ils suffisants ?

Sotchi, ville hôte des Jeux Olympiques d'hiver en 2014, présentait un bilan environnemental qui a fait polémique. En effet, malgré l’engagement du Comité Olympique dans la protection de l’environnement avec des « Jeux en harmonie avec la Nature » qui cite d’ailleurs une faune et une flore préservées, l’issue était loin d’être exemplaire. Climat subtropical oblige, les organisateurs ont du contrecarrer les lois de la nature, à savoir répandre de la neige artificielle préalablement stockée dans les montagnes du Caucase. Cette colossale transformation du paysage, impliquant également constructions de stades, ponts, tunnels, routes, hôtels et autres infrastructures, qui ont nécessité entre autres l’abattage de milliers d’arbres, a représenté un véritable massacre écologique.

Effectivement, pour l’organisation d’un tel événement, les villes hôtes doivent assumer l’accueil de millions de personnes. Le traitement des déchets et l’empreinte carbone sont également des éléments importants à prendre en compte. Une mauvaise gestion de ces paramètres est à l’origine de pollutions des eaux et de l’air, et implique inévitablement le déséquilibre, voire la disparition, des écosystèmes présents. Rio en a d’ailleurs fait les frais : la pollution actuelle des eaux de la baie de Guanabara pour les JO 2016 ne sera pas sans conséquence pour la santé de l’homme, mais aussi pour la biodiversité locale !

Soucieux de l’image écologique des Jeux et sous la pression des associations de protection de l’environnement, les comités d’organisation des JO réagissent. Citons Sotchi qui a mis en place différents programmes de réhabilitation des zones naturelles, tels que la création d’un parc ornithologique, un programme de réintroduction du léopard persan et des engagements autour de la préservation de la réserve de biosphère du Caucase. Mais compensation induit tout de même préalable destruction… Londres, lors des JO d’été en 2012, s’est également montrée respectueuse de la nature en intégrant, dans sa gestion de l’événement, cinq axes en faveur du développement durable dont le respect de la biodiversité. Ces démarches sont à saluer, et l’écologie fait petit à petit sa place !

En effet, Pyeongchang organisera les prochains JO d’Hiver en 2018 et souhaite faire connaître sa vision « verte » de cet événement sportif. L’amélioration de la biodiversité et la revitalisation des écosystèmes seraient donc de rigueur. Les associations exigent d’ailleurs la préservation de la forêt du Mont Gariwang, refuge de nombreuses espèces dont certaines en voie de disparition qui pourrait être menacées par la construction de pistes de ski.

Les JO sont un facteur clé pour le développement économique des régions hôtes, notamment à travers l’emploi et le tourisme. Seulement cet événement sportif se doit aussi d’être respectueux de la nature ! Noé s’emploie à soutenir les stratégies durables qui considèrent le respect et la sauvegarde de notre biodiversité. Et ces démarches doivent se traduire à travers des comportements éco-responsables de la part des organisateurs, des participants mais aussi des spectateurs !