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Focus sur le pélican frisé en 2017

15 novembre 2017

Le pélican frisé (Pelecanus crispus) est le plus grand oiseau d’Europe, la plus grande espèce de Pélicans du monde. Sa population est réduite et en danger dans les Balkans. À ce titre Noé a organisé un atelier dédié à sa conservation au Monténégro dans le cadre du projet « Gestion des zones humides et programme de conservation du pélican frisé dans le bassin méditerranéen ».

8 structures, dont Noé, oeuvrant pour la protection de cette espèce se sont réunies sur 3 jours en plein Parc National du lac Skadar, plus grande réserve d’eau douce de la péninsule balkanique. Français, monténégrins, albanais et grecs ont pu présenter les résultats du projet pour la conservation du pélican frisé.

2017 aura été une année difficile pour cette espèce. Les aléas climatiques, avec une vague de froid sans précédent, ont détruit les premières couvaisons de la saison de nidification en janvier dernier. Puis un déficit pluviométrique sur l’ensemble de la région a également impacté les zones humides où nichent cette espèce.

Cependant, le pélican frisé a prouvé qu’il était une espèce plastique pouvant s’adapter aux aléas climatiques en augmentant considérablement le nombre de nids et de couvaisons en réponse aux difficultés météorologiques.

Ainsi, au Monténégro, 58 poussins ont vu le jour, établissant un nouveau record historique de poussins sur une saison.

Lors du recensement annuel régional, 241 adultes et immatures ont été décomptés en plus des poussins, établissant également un niveau historique de population de pélicans frisés au lac Skadar.

En Albanie, la même capacité d’adaptation a été observée. 55 poussins ont été ainsi comptés avec 52 couples reproducteurs. Le recensement régional a lui permis de dénombrer 193 pélicans frisés en 2017.

En Grèce, sur le site de Kerkini, haut lieu pour l’observation de cette espèce, les effectifs ont par contre diminué du fait de la vague de froid et d’un déficit pluviométrique important.

Malgré la plasticité de l’espèce observée en 2017, les résultats globaux du recensement régional semblent indiquer une baisse des effectifs comparativement à 2016, avec une baisse de plus de 10% des effectifs. Ces chiffres montrent que cette espèce peut être impactée par les aléas climatiques et a besoin d’un effort de conservation permanent. Cela confirme que cette espèce est particulièrement conservation dépendante. À titre d’exemple, les efforts de conservation réalisés depuis 2013 par Noé au Monténégro, en Albanie et en Grèce ont apporté de très bons résultats. La multiplication par trois de la population au Monténégro est un résultat incroyable et le meilleur des démonstratifs.

Tout cela nécessite une continuité dans l’effort de conservation que Noé s’efforce de soutenir et de mettre en place pour les années venir en concertation avec l'ensemble des partenaires du projet que nous menons depuis 2013.