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Évaluer la biodiversité agricole : la parole est au terrain !

16 juillet 2020

Au fil de ses derniers déplacements au sein des coopératives agricoles de La Tricherie (Vienne), La Scara (Aube), Valfrance (Oise et Seine-et-Marne) et Agora (Oise et Val d'Oise), Daniel ne s’est pas contenté de réaliser les habituels protocoles visant à évaluer la biodiversité dans les parcelles. Il est allé à la rencontre des acteurs de l’agriculture. Sensibilité à la thématique de la biodiversité, pratiques et démarches engagées… Découvrez leurs témoignages.

Cécile, agricultrice dans l'Aube :
« Dans le cadre de l’obtention de la Haute valeur environnementale pour mon exploitation, j’ai implanté quatre ruches autour de mes parcelles, une pratique qui apporte des points pour obtenir cette reconnaissance. Cette certification s’appuie sur des critères liés à la biodiversité. La démarche du Club AGATA est intéressante pour nous, exploitants. Personnellement, je serais preneuse de formation sur cette thématique. Pour aller plus loin, je souhaiterais implanter une jachère fleurie, mais il est difficile de trouver les semences pour le faire. »

Ophélie Deschamps, conseillère à la coopérative La Tricherie (Vienne) :
« Notre coopérative mène depuis plusieurs années des actions sur la biodiversité. Par exemple, nos producteurs sèment 1 à 2 % de leurs surfaces agricoles utiles en jachères mellifères, favorables aux pollinisateurs. Sur ces sujets, nous n’avançons pas seuls : nous sommes en relation avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO), la Maison de l’abeille et de la nature (MAN), les associations de chasseurs locales… La démarche menée par AGATA est intéressante, notamment les protocoles concernant les papillons, oiseaux, insectes auxiliaires/ravageurs des cultures et vers de terre. Ces indicateurs sont les plus parlants en termes agronomiques. Nous communiquerons certainement les résultats de ces protocoles sur nos sites et réseaux sociaux et à nos adhérents. »

Romaric, agriculteur (Oise) :
« Je suis tout à fait prêt à effectuer des relevés chaque mois pour le compte d’AGATA via les protocoles de l’Observatoire agricole de la biodiversité, par exemple les planches à invertébrés et nichoirs à abeilles. En effet, j'effectue déjà des relevés chaque semaine sur des pièges à phéromones ciblant notamment la pyrale du Maïs. Aujourd’hui, je surveille également, en lien avec un ornithologue local, la présence de l’Oedicnème criard, espèce d’oiseau classée vulnérable sur la liste rouge UICN de la région île de France. La coopération est possible avec des agriculteurs motivés lorsqu’il s’agit de participer à des études sur la biodiversité ! »

Bruno, agriculteur (Oise) :
« Je suis très sensibilisé au respect de la vie du sol, que je prends en compte dans mes pratiques. Je travaille en agriculture « régénératrice », un mode de production alternatif. Je mets en place des couverts composés d’un mélange de plantes dont les systèmes racinaires sont variés, afin de favoriser les interactions entre les racines et les communautés bactériennes et fongiques sur l’ensemble des horizons du sol. J’ai également recourt à des pulvérisations de thés de compost pour favoriser le développement de ces communautés bactériennes. Toutes ces pratiques demandent au final beaucoup de travail, mais in fine, les plantes cultivées sont gagnantes : elles se porteront mieux dans un sol sain, et seront plus résilientes face aux pathogènes et aux perturbations de l’environnement. »

Le stage de Daniel est une phase importante pour progresser sur un des objectifs du Programme « Fermes de Noé », à savoir permettre l’évaluation et la préservation de la biodiversité au sein des différentes filières agroalimentaires pour démontrer de réels impacts sur la biodiversité. Nous reviendrons sur les différentes étapes de son périple, auprès de neuf coopératives et négoces, tout au long du moins de juin.

Relire les articles rédigés suite aux déplacements de Daniel en Charente et Côte d’Or, en Alsace, puis en Bretagne et en Isère.