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Escargots et limaces : mal aimés au jardin mais tellement utiles !

29 juin 2017

Lorsqu’on parle de la biodiversité au jardin, des petites bêtes qui y vivent, s’y nourrissent et s’y reproduisent, toutes les espèces ne suscitent pas le même enthousiasme. On s’émerveille facilement devant les multiples couleurs des papillons qui butinent nos fleurs. On se prend de sympathie pour les abeilles, osmies, syrphes, instinctivement associées aux services qu’elles nous rendent, de la pollinisation à la production de miel. Les coccinelles nous débarrassent des pucerons, les hérissons mignons nous attendrissent, et que dire des oiseaux que les ornithologues guettent sans relâche ?

Une famille cependant ne jouit pas d’une réputation flatteuse : les gastéropodes. Plus particulièrement, limaces et escargots pâtissent de leur aspect gluant et baveux. Nonchalants et d’une lenteur extrême, ils s’illustrent surtout par les ravages qu’ils causent aux potagers. Ennemis mortels des salades, ils dévorent la matière végétale non-ligneuse. L’aversion qu’ils suscitent peut être compréhensible, mais connaissons nous réellement cette famille qui constitue le plus grand groupe animal connu après les insectes (près de 40000 espèces vivantes) ? Petit tour d’horizon de ces auxiliaires au jardin, pour comprendre qui ils sont, quels services ils nous rendent, et comment cohabiter avec eux au jardin.

Les nettoyeurs du jardin !

Les gastéropodes appartiennent à l’embranchement des mollusques (au même titre que les huitres, moules…) mais en sont les seuls représentants ayant conquis la terre ferme. Anatomiquement, ils présentent tous une tête surmontée de paires de tentacules (et non pas d’antennes !) qui portent leurs sens de la vue, de l’odorat et du touché, et pourvue d’une radula, petite langue râpeuse qui leur permet de déchiqueter leurs aliments. Leur corps est appelé « pied » (littéralement et en latin, « gastéro-pode » signifie « ventre-pied ») leur permet de se déplacer par reptation. Enfin, leurs organes se situent sur leur « dos », parfois abrités par une coquille calcaire en spirale que nous connaissons bien. Hermaphrodites ovipares ou vivipares, ils apprécient les abris humides (l’eau est essentielle à la production de bave qui permet leur déplacement).

Les escargots et limaces sont surtout des auxiliaires indispensables au jardin. Véritables nettoyeurs, ce sont eux en priorité qui dégradent et recyclent la matière organique. Feuilles mortes, petits champignons : ils sont essentiels à la formation et à l’enrichissement d’un sol de qualité. En les détruisant (avec par exemple de célèbres granulés plus ou moins chimiques et dangereux), c’est un maillon essentiel du cycle de la matière organique qui disparaît, rompant l’équilibre au jardin. Les limaces ont la faculté d’absorber sans endommager puis de disperser les spores des champignons qui forment les mycorhizes, association symbiotique champignons – racine qui permet aux plantes d’absorber des éléments nutritifs indispensables à leur croissance. De plus, les gastéropodes luttent activement contre d’autres parasites, comme les champignons responsables de la fumagine qui couvre nos plantes d’une pellicule noire.

Un jardin équilibré et écologique

Alors comment cohabiter avec eux au jardin ? La sagesse populaire préconise la bière ou la cendre comme répulsifs naturels et écologiques, mais ceux-ci sont vite lessivés par la première pluie. Plus efficace mais uniquement pour protéger vos semis avant qu’ils soient en pleine terre : les isoler du sol avec de l’eau (en plongeant les pieds de votre table à semis dans des seaux remplis d’eau par exemple). Les escargots et limaces ne savent ni nager, ni sauter, ni voler : elles n’arriveront jamais aux feuilles tendres de vos jeunes pousses.

Mais le conseil le plus efficace est celui-ci : restaurer un équilibre écologique sain au jardin. En acceptant les limaces et escargots, mais aussi les autres représentants de la biodiversité au jardin, nous allons pouvoir attirer leurs prédateurs qui vont réguler sans détruire les populations. Un nichoir à oiseaux ? Les pies, merles ou mésanges viendront prélever quelques individus. Un tas de bois mort au fond du jardin ? Un abri idéal pour une famille d’hérissons friands d’escargots. Une mare ou un cours d’eau ? Batraciens et reptiles se régaleront à l’heure du gouter. Enfin, couvrir son sol d’un paillage, de mulch ou de BRF, permet certes de réduire l’évaporation du sol, limiter la consommation d’eau et la présence des mauvaises herbes, mais aussi de créer un environnement extrêmement favorable au retour de la biodiversité, notamment des carabes qui raffolent des escargots et limaces. Pensez-y !

Un jardin est presque un petit écosystème à part entière, avec son équilibre fragile, sa dynamique propre : c’est en respectant chacune de ses composantes que l’on peut en tirer le meilleur avec le moins d’efforts et de dépenses, pour le bien être de tous ceux qui y vivent, humains, animaux et végétaux.

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