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Des résultats encourageants pour la gazelle dama et le vautour oricou

09 mai 2018

Le massif du Termit abrite plusieurs espèces emblématiques de la Réserve Naturelle Nationale de Termit et Tin-Toumma (RNNTT), dont le vautour oricou et la gazelle dama. Noé a mené conjointement une mission avec les agents de l’Etat du Niger pour suivre ces deux espèces au sein de leur habitat.

Long de prés de 80 km, large de prés de 30 km, et s’élevant au maximum à 732 mètres d’altitude, le massif du Termit présente une diversité d’habitats : massif rocheux, vallées, mares. Cette diversité favorise notamment la présence de la gazelle dama, l’une des 3 espèces de gazelle les plus en danger d’extinction au monde, et le vautour oricou dont les effectifs au Niger ne font que baisser.

La gazelle dama, au sein de la RNNTT, s’est réfugiée ces dernières décennies sur les contreforts du massif pour échapper au braconnage. Là, sa population s’est stabilisée à 50-70 individus selon un état de référence établi en 2011. Pour rappel, il subsiste 5 populations à l'état sauvage réparties au Mali, Niger et Tchad pour un total de moins de 300 individus.

La création de la réserve le 6 mars 2012, l’implication croissante des communautés depuis sa création auraient dû permettre un accroissement de sa population. Or, les observations ont été moins nombreuses alors que les communautés prenaient des engagements de non perturbation et non dégradation des habitats de cette espèce.

Deux personnes issues des communautés, des agents communautaires, patrouillent désormais 10 jours par mois le massif pour s’assurer de la quiétude de la gazelle dama mais aussi pour informer sur tout acte de braconnage et de non respect des engagements pris par les communautés.

Depuis 2016, des hypothèses optimistes sont émises quant à un accroissement de la population de cette espèce dans le massif.

Lors de la mission conduite début avril, 21 individus ont été observés directement dont des petits. 49 observations indirectes d’individus ont été également collectées (empreintes, fèces). Cela semble confirmer les témoignages toujours plus nombreux des communautés quant à une augmentation de la population.

Noé va chercher dés cet été à estimer plus précisément les effectifs de la gazelle dama grâce à une nouvelle mission de suivi mais aussi avec l’utilisation de pièges caméras. Les résultats pourraient correspondre à un réel succès de conservation pour cette espèce si menacée.

La deuxième espèce que l’équipe a suivie sur le terrain est le vautour Oricou. Charognard, c’est un oiseau nicheur dans le massif, avec seulement quelques couples reproducteurs chaque année. La saison de reproduction correspond à la saison chaude, et l’accès à l’eau est l’une des conditions du succès de reproduction au même titre que la non perturbation des adultes en train de nicher. Chaque saison de nidification est cruciale pour cette espèce soumise à l’empoisonnement, au trafic et dont les effectifs diminuent globalement d’année en année.

C’est pour cette raison que Noé a missionné deux agents communautaires à la surveillance des 9 nids de reproductions comptés cette année. Les agents ont également la mission de sensibiliser les communautés environnantes pour qu’en fin de journée elles s’assurent de la présence d'eau dans les abreuvoirs des puits pour les vautours. Cette surveillance de la population des vautours par les communautés va se poursuivre jusqu’à la fin de la saison de reproduction (mai – juin).

Ce suivi mené par Noé dans le cadre du Projet d’appui à la gestion durable d’aires protégées sahélo-sahariennes, financé par l’Union Européenne et l’Agence Française de Développement, ne donne qu’une estimation ponctuelle de la faune et de son état de conservation. C’est pourquoi Noé au Niger, aves son équipe et ses partenaires, programme de façon annuelle un ensemble de missions sur le terrain pour avoir une meilleure connaissance de la faune sauvage ; continue d’impliquer les communautés ; et soutient la lutte anti-braconnage afin de voir les populations des espèces protégées augmenter de nouveau.