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Des pollinisateurs…en « symbiose » avec les fleurs, la nuit !

03 novembre 2017

Noé vous apprend à connaître et protéger les insectes pollinisateurs sauvages.
Abeilles, syrphes, papillons de jour, beaucoup nous sont familiers…

Mais la nuit, la pollinisation continue, et avec elle des stratagèmes fascinants !
Le monde nocturne est extraordinaire et souvent méconnu.
Émerveillement devant la beauté des rapaces nocturnes, fascination par les comportements singuliers des chauves-souris, découverte de l’incroyable diversité des insectes nocturnes : autant de raisons de découvrir ce qui vit la nuit !

Qui pourrait par exemple s’imaginer qu’il existe 20 fois plus d’espèces de papillons de nuit que de papillons de jour en France, soit 5000 espèces environ ! Ceux-ci arborent parfois des motifs et couleurs spectaculaires.

Et parmi ceux-ci, les Sphinx ! des serial-pollinisateurs…
Ils portent le même nom que ces créatures fantastiques au buste de femme et au corps de lion ; certains volent de jour, la plupart la nuit, ce sont les Sphinx ! Ces impressionnants papillons nocturnes migrateurs, évoquent un crâne macabre quand ils sont « tête de mort » ou rappellent simplement et avec éclat leur fleur préférée tantôt liseron, troène, vigne... Ces serial-pollinisateurs peuvent aller chercher le nectar des fleurs avec une trompe de parfois plus de 10cm de long !

Sphingophilie

Fait étonnant, l’observation des caractéristiques de nombreuses espèces de plantes à fleurs et de leurs principaux pollinisateurs a permis de définir des « syndromes de pollinisation », des ensembles de caractères particuliers réunis chez une plante, adaptés à la visite préférentielle d’un type de pollinisateurs.

À ce titre, certaines fleurs (ayant un long tube - 3 à 4 cm de long -, étroit avec un nectar abondant produit au fond, accessibles seulement à une longue trompe et émettant un parfum marqué à la nuit tombée) attirent les Sphinx, et seulement eux, de loin malgré la pénombre ! Et à chaque fleur son Sphinx : Au Sphinx du liseron, le liseron… et ainsi de suite !

C’est le syndrome de la sphingophilie, autrement dit de « fleurs seulement pollinisées par des sphinx ». Les papillons aspirent le nectar au fond des fleurs avec leur longue trompe enroulée en spirale au repos, en pratiquant le vol stationnaire (à la manière des colibris) devant celles-ci.

Parmi ceux-ci, le Moro-sphinx (Macroglossum stellatarum) est un papillon à la trompe très longue. Il est capable de faire du vol stationnaire pendant qu’il butine les fleurs, sa longue trompe ne lui permettant pas de se poser sur celles-ci. Il est diurne, contrairement aux autres sphinx qui connaissent en général un pic d’activité qui commence entre 18H30 et 19H et se poursuit jusque vers 21H avant de décroître très rapidement. Ces horaires coïncident d’une part avec le maximum de production de nectar dans les fleurs et d’autre part avec l’ouverture des anthères des étamines entre 18H30 et 19H30. Logique ! La confirmation d’une relation étroite plante-papillon.

Pour mieux observer et contempler les Sphinx, rendez-vous dès mars prochain pour expérimenter l’Observatoire de la Biodiversité de la Nuit de Noé. Son enquête « Insectes et Ciel étoilé » met en exergue le lien entre pollution lumineuse et l’état de santé de la biodiversité à partir de l’observation par le grand public des constellations du ciel et des insectes, notamment les papillons de nuit et les Sphinx. Plus d’informations avec la Charte de l’Éclairage durable de Noé (programme « Nuits de Noé »).