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Biodiversité nocturne : protégeons les pollinisateurs sauvages de la pollution lumineuse

13 octobre 2017

Les Insectes Pollinisateurs Sauvages (IPS) font des miracles ! En transportant les grains de pollen de pistils en pistils, ils assurent la pollinisation de milliers de plantes.
Ainsi, en pollinisant 70 à 80% des plantes à fleurs sauvages cultivées en France Métropolitaine et plus des trois quarts des cultures vivrières, dont pratiquement tous les fruits et les légumes, ces insectes sont indispensables à notre alimentation.

Pourtant, 40% des insectes pollinisateurs (abeilles, papillons, etc.) sont menacés d’extinction d’après l’IPBES (la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques). Leur déclin à travers le monde impacte significativement la production des cultures et la reproduction des plantes sauvages.
En cause, la perte de leur habitat dû à l’urbanisation grandissante, le manque de diversité floristique, l’utilisation de pesticides, les changements climatiques et la pollution lumineuse, notamment.
Saviez-vous que les insectes vivent aussi la nuit ? On compte même 20 fois plus de papillons nocturnes que diurnes !

On estime que la pollution lumineuse augmente de 6% par an. Or la pression lumineuse exercée sur ces insectes nocturnes met en péril les bénéfices des services écologiques qu’ils rendent au quotidien. En effet, la lumière artificielle peut notamment modifier le sens de l’orientation de certaines espèces (oiseaux, insectes), et altérer la communication entre individus.
Par ailleurs, une étude récente a analysé les conséquences de l’éclairage nocturne dans les espaces de vie des insectes pollinisateurs, dont voici les conclusions : les fleurs éclairées artificiellement connaissent une baisse de fréquentation par les pollinisateurs nocturnes de 62%. In fine, sur une des plantes observées (le Cirse maraicher), cette exposition à la lumière artificielle a entrainé une réduction de 13% de la production de fruits. En effet, la diminution de la pollinisation nocturne n’a pas pu être compensée par l’activité des pollinisateurs diurnes. Par ailleurs, les chercheurs ont également réussi à démontrer que la baisse de fréquentation nocturne des plantes par les pollinisateurs réduisait le succès reproducteur de ces plantes, qui servent pourtant d’alimentation aux pollinisateurs diurnes.

Afin d’enrayer le déclin des insectes pollinisateurs sauvages, et ainsi encourager la pollinisation, Noé propose des solutions concrètes via son programme « Nuits de Noé » notamment. En s’appuyant sur une Charte de 10 d’engagements, Noé encourage :

  • La découverte de la biodiversité nocturne et l’implication des parties prenantes autour de la question de l’éclairage public
  • L’adaptation (temporalité, luminosité, orientation) et la rénovation de l’éclairage
  • Les sciences participatives et la valorisation des résultats localement.

Cette démarche permet de sensibiliser les pouvoirs publics et les citoyens à la nécessité de protéger les insectes pollinisateurs sauvages, et propose d’agir sur les pressions anthropiques nocturnes en limitant les effets néfastes de l’éclairage artificiel.