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Agents communautaires et lutte anti-braconnage

30 avril 2018

L’implication des communautés dans la conservation de la biodiversité et la Lutte Anti-Braconnage est une absolue nécessité. Dans le cadre du Projet d’appui à la gestion durable d’aires protégées sahélo-sahariennes au Niger et au Tchad, Noé mobilise des agents issus des communautés pour sensibiliser les communautés nomades et pastorales mais aussi informer les autorités sur la présence de braconniers et trafiquants de la faune sauvage. 

98 000 km2 et 78 000 km2 sont les superficies respectives des 2 aires protégées où Noé intervient au Niger et au Tchad, la Réserve Naturelle Nationale de Termit et Tin-Toumma (RNNTT) et la Réserve de Faune de Ouadi-Rimé Ouadi-Achim (RFOROA). Ces étendues immenses, désertiques et semi-désertiques, sont de fait extrêmement difficiles à contrôler, à surveiller, et la faune peut y être soumise à la pression du braconnage et du trafic.

Pour renforcer et rendre plus efficace les patrouilles des agents de l’état dans ces deux réserves, Noé a recruté, formé, équipé, des personnes issues des communautés. Ces agents communautaires ont, en plus de leur rôle de sensibilisation, un rôle de patrouille et de surveillance. En 2017, plus de 200 jours de patrouilles ont été comptabilisés, permettant de nombreuses observations de faune mais également la transmission de nombreuses informations sur la présence de braconniers et trafiquants. C’est ainsi que 5 braconniers ont été arrêtés dans la RNNTT, 13 gazelles dorcas réintroduites vivantes dans leur milieu naturel, des véhicules et des armes saisis.

Le 19 avril dernier, 2 agents communautaires de Noé au Niger ont informé les agents de l'état en charge de la protection de la RNNTT de la présence de braconniers en moto en train de capturer des gazelles dorcas. Cette pratique est la plus répandue dans la RNNTT. Une gazelle dorcas vivante se revendant 200 000 Francs CFA (300 euros) au Niger ou au Nigéria alors que le revenu mensuel minimum est de 50 000 Francs CFA (75 euros).

Une mission d'urgence a été immédiatement organisée pour arrêter les braconniers. Très vite, grâce aux informations précises transmises par les agents communautaires, les braconniers ont pu être localisés. Une course poursuite s’est alors engagée entre les agents et un braconnier fuyant en moto. Lors de la poursuite, le braconnier s’est débarrassé des 5 gazelles qu’il avait capturées en les jetant de la moto alors que les deux véhicules le poursuivaient. Le braconnier a été arrêté. Malheureusement, pendant la poursuite, le véhicule de l’UGAP a fait deux tonneaux laissant les agents choqués mais non blessés.

Cet accident a permis aux autres braconniers de fuir sans être inquiétés et vraisemblablement de poursuivre leurs méfaits. Une deuxième mission de Lutte Anti-Braconnage, financée par Noé, est repartie le 27 avril sur le terrain alors que les braconniers sont encore dans la zone selon les informations recueillies par les agents communautaires.

Un seul mâle a été relâché et 4 gazelles dorcas sont mortes suite aux chocs reçus lors de leur chute de la moto. Cette perte tragique des gazelles met en évidence l’absolue nécessité de maintenir et d’améliorer le dispositif de transmission d’information par les agents communautaires ainsi que les moyens de lutte contre le braconnage des agents de l’état pour en améliorer l’efficacité.

Grâce aux financements de l’Union Européenne et de l’Agence Française de Développement, Noé poursuit et intensifie cette stratégie de soutien et a également identifié avec les autorités et les partenaires techniques du projet les nouveaux dispositifs de lutte anti-braconnage à déployer au Niger et au Tchad pour répondre efficacement à cette pression de braconnage sur la faune sauvage.