Palmiers & Conifères : espèces emblématiques de la Nouvelle-Calédonie

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Les feux menacent le patrimoine naturel de la Nouvelle-Calédonie

24 octobre 2017

562 hectares à Koumac, 350 sur l’Ilot Puen et 120 à l’Ile des Pins en une semaine ; 370 à Thio en un week-end, et puis le record : 1300 hectares à Bangou en une demi-journée !

Non, il ne s’agit malheureusement pas de surfaces naturelles protégées, classées au patrimoine ou revégétalisées, mais bien de surfaces de forêts qui ont brûlé, avec leur faune et leur flore uniques parties en fumée.

Les feux de brousse croissent en nombre, en fréquence et en étendue depuis des années[1]. Ce fléau, qui touche l’ensemble de l’archipel, menace la conservation d’écosystèmes uniques et constitue un danger pour les populations. On dénombre à ce jour près de 1 300 départs de feu depuis début 2017, et plus de 280 depuis le 15 septembre[2].

« La Nouvelle-Calédonie brûle », « tous les ans c’est pareil », « c’est la saison ». Pourtant non, de tels feux de brousse ne font pas partie intégrante de « l’ordre des choses » ou du cycle naturel. L’exceptionnelle sécheresse qui sévit actuellement ainsi que les vents soutenus du mois d’octobre accentuent certes le phénomène. Mais saviez-vous que dans 99 % des cas, les incendies sont provoqués par l’homme ? Écobuages mal maitrisés, négligence et malveillance. Ainsi, chaque année, entre 20 000 et 50 000 hectares, soit 3 % de la superficie du territoire, sont ravagés par les feux de brousse, premier facteur de destruction des milieux naturels en Nouvelle-Calédonie[3].

Premier facteur de destruction des milieux naturels en Nouvelle-Calédonie

En détruisant les milieux, les feux provoquent la disparition d’espèces endémiques, animales comme végétales. Suite à un incendie, les espèces envahissantes, plus compétitives, remplacent la flore d’origine qui n’a plus la place de se régénérer. Au-delà de la destruction de la biodiversité, les impacts indirects des incendies peuvent provoquer l’érosion et l’appauvrissement des sols ou encore la désertification. Ces phénomènes affectent directement les populations locales et le milieu ainsi que les ressources dont elles dépendent pour vivre.

Aujourd’hui la forêt sèche ne représente plus que 1 % de sa surface initiale et la forêt humide ne recouvre plus que 30 % de sa surface d’origine. Les feux sont en grande partie responsables de la perte du couvert végétal, or ces milieux ne se régénèrent que très lentement, sur des dizaines, voire des centaines d’années.

Prévenir, restaurer et sensibiliser

Cependant, des solutions existent et Noé se mobilise sur le terrain avec ses partenaires et les tribus pour apporter des réponses concrètes aux menaces pesant sur la biodiversité, et en particulier sur les palmiers et conifères, espèces phare de son programme, ainsi que sur leurs habitats.

Ainsi, en 2012 un incendie dévastateur dans la vallée de la Comboui a détruit un tiers d’une forêt de Callitris Sulcata, conifère endémique considéré en danger d’extinction qui n’existe que sur 3 vallées. Noé accompagne les tribus et les autorités coutumières et provinciales pour la préservation de cette espèce et la restauration de son habitat. Des plants de Callitris sulcata sont ainsi produits par trois pépinières créées au sein des tribus de Saint Jean-Baptiste, Port Bouquet et Petit Borendy en vue de leur réintroduction en milieu naturel, dans le cadre d’un plan de restauration de la vallée de la Comboui. Des actions de sensibilisation sont également prévues en partenariat avec la Province Sud afin d’éviter de nouveaux départs de feux sur les zones qui seront restaurées.

Les feux de brousse ne sont pas une fatalité. Nous devons lutter et informer, afin de protéger le patrimoine naturel et culturel calédonien.

Sources :

[1] Pascal Dumas, Marie Toussaint, Jean-Brice Herrenschmidt, Alexis Conte et Morgan Mangeas, « Le risque de feux de brousse sur la Grande Terre de Nouvelle-Calédonie : l’Homme responsable, mais pas coupable », Revue Géographique de l'Est [En ligne], vol. 53 / 1-2 | 2013, mis en ligne le 21 septembre 2013.

[2] Les Nouvelles calédoniennes, mardi 17/10/2017

[3] L’ŒIL Magazine, n°8 Juin 2015