Une espèce menacée d'extinction imminente

Grande antilope blanche aux cornes torsadées, l’addax a la particularité de pouvoir survivre dans les parties les plus désertiques du Sahara.

 

C’est probablement l’espèce la plus remarquable de la RNNTT au Niger, car très proche de l’extinction. Sa distribution au sein de la RNNTT et jusqu'au Tchad n'est pas réellement connue. Les observations croissantes de l'espèce au sein de la RNNTT depuis 2016 laissent penser que les individus reviennent dans le Tin-Toumma, partie désertique de la RNNTT. La dernière mission menée conjointement par Noé et l'Etat du Niger fait état d'au minimum trois grands groupes d'addax, pouvant représenter 50 à 70 individus présents dans la Réserve Naturelle de Termit et Tin-Toumma. La taille de la population totale reste cependant inconnue et doit être déterminée précisément. Pour rappel un état de référence avait été établi en 2007 estimant la population à 200 - 250 individus à l'état sauvage.

On constate désormais que la distribution s'étend du désert du massif de Termit à la région de l'Eguey. A la création de la RNNTT, en 2012, elle se cantonnait au désert du Tin-Toumma jusqu'au massif de Termit. L'aire distribution a diminué sur les quarante dernières années, puisqu'en 1975 elle était bien plus importante sur la bande sahélo-saharienne.

La distribution s'étend donc de la RNNTT à l’Eguey au Tchad, ce qui démontre la caractéristique migratrice de cette espèce, capable de parcourir des distances importantes à la recherche de conditions favorables pour sa survie. En effet, l’addax a adopté cette stratégie pour faire face aux conséquentes variabilités climatiques du milieu dans lequel il évolue. Les pluies peuvent être très variables dans le temps et dans l’espace au niveau du Sahara, c’est pourquoi il a besoin d’un domaine vital le plus vaste possible. De plus, très sensible aux perturbations et à la pollution sonore, il fuit les zones où l'activité anthropique perturbe sa tranquilité.

On peut dire que dans des conditions idéales au Niger, l’addax serait présent de la Réserve Nationale Naturelle de l’Aïr et du Ténéré à celle de Termit et de Tin-Toumma.

c Rabeil SCF

Afin d’évoluer sans contraintes dans les milieux désertiques, l’addax a développé des comportements que l’on retrouve chez plusieurs espèces d’ongulés présentes dans la Réserve. En saison chaude, il tend à minimiser ses dépenses énergétiques en se déplaçant uniquement la nuit ou lors des heures les plus fraîches de la journée. Le reste du temps il cherche à se reposer à l’ombre de quelques arbres (Salvadora persica) que l’on trouve dans les cuvettes du Tin-Toumma ou encore grâce aux nebkas formées par les touffes de Cornulaca monacantha  ou Stipagrostis vulnerans. Les addax se rapprochent aussi du massif à cette saison où ils s’abritent au dessous des Acacia raddiana et Maerua crassifolia situés dans les extensions de certains oueds qui, mélangés aux barkhanes, offrent un paysage unique.

Sa présence dans l'Eguey au Tchad est également rendue possible par la présence d'un habitat présentant des similitudes à celui détaillé au sein de la RNNTT. Dans cette région du Tchad, plusieurs témoignages font état d'au moins deux grands groupes pouvant représenter 50 à 70 individus.